Un étrange mystère règne dans le Marais poitevin. De curieux reliefs gondolent la deuxième plus grande zone humide de France sous forme de mottes d’argile, atteignant jusqu’à 40 centimètres de haut, pour autant de large, et plus ou moins « chevelues » en fonction de la végétation qui pousse à leur surface. Ces « mottureaux », littéralement « mottes sur l’eau », ont été décrits dans les années 1960 par le géographe Fernand Verger, qui avait remarqué une autre particularité étonnante : ils ne poussent pas au hasard. Plusieurs dizaines de mottes, voire des centaines, séparées de plusieurs dizaines de centimètres, se répartissent en motifs réguliers, le long de lignes droites, ou bien adoptent une forme « cristalline », comme sur une grille aux motifs carrés ou hexagonaux.

Une équipe interdisciplinaire de l’université de Poitiers, dans l’un des journaux de la Royal Society, Interface, du 25 mars, a tenté de comprendre cette organisation à grande échelle en proposant un mécanisme différent de celui envisagé par le géographe. Celui-ci pensait que des fissures dans le sol, apparaissant à la saison sèche, peuvent se remplir de matière (terre, végétaux ou même eau) provenant de la surface ou des parois, ce qui fait « monter » une partie du sol. Ce mécanisme est invoqué pour certaines structures appelées gilgais, en Australie.

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