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La France et Europe ne sont « pas à la hauteur des attentes » de l’Ukraine en matière de livraisons de munitions, affirment des sénateurs français

La France et les pays européens ne sont « pas à la hauteur » des attentes de l’Ukraine, qui a un besoin urgent de munitions, ont déploré des sénateurs français, mercredi. « La production nationale et européenne est extrêmement faible, l’économie mise en place n’est pas à la hauteur des attentes » ukrainiennes, a insisté le président de la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat, Cédric Perrin (Les Républicains), qui s’est rendu avec une délégation à Varsovie et à Kiev du 19 au 21 décembre.

Les Ukrainiens tirent entre 5 000 et 8 000 fois quotidiennement (contre entre 10 000 et 15 000 côté russe), a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse, en rappelant que la France produisait 20 000 obus de 155 mm par an, « soit l’équivalent de trois ou quatre jours de combats en Ukraine… » Concernant l’objectif de 1 million de munitions promises d’ici au printemps 2024 par l’Union européenne, seulement 300 000 obus ont été livrés, a précisé M. Perrin. « C’est maintenant qu’il faut agir, c’est maintenant que l’Ukraine a besoin de notre aide », a-t-il lancé.

« Aujourd’hui, le compte n’y est pas », même si l’aide française, dont les canons Caesar et les missiles de longue portée Scalp, est « appréciée » à Kiev.

Le sénateur a qualifié de « bonne nouvelle » l’annonce faite mardi soir par le président français, Emmanuel Macron, de la livraison de 40 Scalp et « de centaines de bombes », tout en mettant en garde : « Les annonces doivent être concrètes et mises en œuvre. Quant aux centaines de bombes, si on parle d’obus de 155 mm, il en vole environ 25 000 par jour sur l’Ukraine, donc ça ne veut rien dire. Il faut changer d’échelle maintenant sur les munitions », a-t-il répété.

« La situation est critique pour les Ukrainiens en ce moment », a alerté de son côté le sénateur socialiste Jean-Marc Vayssouze-Faure, en évoquant notamment l’aspect crucial du nombre d’hommes.

Dans leur rapport, les sénateurs, s’appuyant sur des sources ukrainiennes, estiment que 30 000 nouveaux soldats russes arrivent chaque mois sur le front. « Côté ukrainien, les combattants sont les mêmes que ceux arrivés sur le front il y a deux ans », lors de l’invasion russe, a-t-il souligné.

Le rapport sénatorial, intitulé « Pourquoi l’avenir de l’Europe se joue en Ukraine », recommande de remettre les enjeux du conflit au cœur du débat public, de multiplier les chaînes de production de munitions pour pouvoir produire « plusieurs centaines de milliers d’obus par an », et de développer la présence des entreprises françaises en Ukraine pour préparer la reconstruction.

Lire aussi | Dans le Donbass, les soldats ukrainiens en panne de munitions

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