
« Le Message » (The Message), de Ta-Nehisi Coates, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Karine Lalechère, Autrement, 256 p., 21 €, numérique 15 €.
L’écrivain James Baldwin (1924-1987) est partout dans l’œuvre de l’auteur afro-américain Ta-Nehisi Coates (Une colère noire [Entre le monde et moi], Le Grand Combat, Le Procès contre l’Amérique, Autrement, 2016 [2024] et 2017). Dans sa prose aux accents lyriques et graves, quand il raconte la condition noire aux Etats-Unis à partir de son parcours et de celui de son père, ex-Black Panther, comme dans son obsession à disséquer le mensonge du récit national américain quant à la place fondamentale de l’esclavage. Le Message, son nouvel essai littéraire, ne fait pas exception. Coates y place en exergue une phrase de Baldwin à propos de l’effet tangible de nos rêves sur le monde. C’est justement le thème qu’il reprend ici. Mais si la question posée est claire – comment les histoires que nous nous racontons façonnent-elles notre vision du monde et ses conflits ? –, la réponse que l’auteur y apporte, à travers les exemples et les lieux qu’il choisit, est aussi stimulante que frustrante.
Le texte s’ouvre par une sorte de leçon de journalisme donnée à des élèves à l’université Howard, à Washington, où Coates fut étudiant. Il nous emmène ensuite à Dakar, en Caroline du Sud, ainsi qu’en Israël et dans les territoires palestiniens occupés, à travers trois récits mêlant carnet de bord, reportage, essai historique et introspection. Sa méthode est l’analogie : Coates tisse des liens entre son vécu, celui des Afro-Américains, et des espaces qu’il visite. L’ensemble est articulé par une documentation littéraire, historique et juridique riche et variée.
Il vous reste 54.65% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.




