Meilleures Actions
Histoires Web mercredi, juillet 17
Bulletin

Les images du défilé du 14 juillet risquent de dérouter les Français, cette année. Pas seulement parce que la cérémonie se déroulera exceptionnellement avenue Foch, et non sur les Champs-Elysées, en raison des Jeux olympiques, mais parce que le gouvernement Attal pourrait entourer Emmanuel Macron dans la tribune présidentielle, sept jours après l’échec du camp présidentiel aux élections législatives.

Lire aussi | En direct, législatives 2024 : la gauche « ne pourra pas gouverner par des décrets et des 49.3 » et devra « discuter avec des gens qu’on a combattus », dit Raphaël Glucksmann

En refusant, lundi 8 juillet, la démission de son premier ministre, sous prétexte « d’assurer la stabilité du pays », le chef de l’Etat a en effet permis au gouvernement en place de conserver l’ensemble de ses prérogatives. Loin de devoir se contenter d’expédier les « affaires courantes », « le gouvernement conserve une marge importante pour gérer le pays », souligne Julien Boudon, professeur de droit public à l’université Paris-Saclay, dans un entretien au Monde. Il peut toujours nommer les préfets et autres hauts fonctionnaires, engager de nouvelles dépenses, faire passer par décret une réforme de l’assurance-chômage, modifier un règlement ou lancer un plan, comme s’il avait toujours la confiance de l’Assemblée nationale.

« Mon ministre continue à agir comme si de rien n’était », témoigne le conseiller d’un membre du gouvernement. Le Conseil d’Etat poursuit, de son côté, l’examen des projets de loi en cours et la lecture du Journal officiel, depuis le 8 juillet, permet de constater que la machine administrative tourne à plein régime.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Choix du premier ministre : « Le chef de l’Etat n’a aucune obligation juridique, la logique politique prévaut »

« Coup de canif »

« Fidèle à la tradition républicaine », Gabriel Attal a annoncé, dimanche soir, sur le perron de Matignon qu’il remettrait sa démission au chef de l’Etat le lendemain, sans exclure de poursuivre sa tâche « aussi longtemps que le devoir l’exigera ». Mais sa lettre de démission n’a aucune valeur juridique et le décret du président de la République censé mettre fin à ses fonctions n’a pas été pris. Emmanuel Macron a souhaité que le premier ministre reste « pour le moment » à la tête du gouvernement, faisant savoir qu’il attendait la « structuration » de l’Assemblée nationale.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés A la recherche d’un premier ministre : le récit des tractations au sein du Nouveau Front populaire

Dans un communiqué publié mardi 9 juillet, le Nouveau Front populaire (NFP) met « solennellement » en garde Emmanuel Macron contre « toute tentative de détournement des institutions » avec le maintien prolongé de Gabriel Attal à Matignon. Les quatre formations de gauche y voient « une tentative d’effacer le résultat de dimanche ». « S’il n’était qu’un moyen détourné de ne pas proposer une personnalité du Nouveau Front populaire au poste de premier ministre, ce serait démocratiquement inacceptable », préviennent le Parti socialiste, La France insoumise (LFI ), Les Ecologistes et le Parti communiste. « Le président de la République, c’est lui qui bloque la situation aujourd’hui, pour garder le pouvoir le plus longtemps possible », a lancé le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon, mardi, en arrivant au Palais-Bourbon.

Il vous reste 52.94% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Share.
© 2024 Mahalsa France. Tous droits réservés.