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De l’ouest à l’est des Etats-Unis, la crise épargne peu de médias américains. Le Los Angeles Times a annoncé, mardi 23 janvier, le licenciement de plus d’un cinquième de sa rédaction, tandis que les journalistes du groupe d’édition Condé Nast, qui compte notamment Vanity Fair et Vogue, ont manifesté à New York contre un plan social.

Au moins 115 journalistes du Los Angeles Times seront licenciés, pour faire face à des pertes annuelles de 30 à 40 millions de dollars (entre 27 et 37 millions d’euros environ), a annoncé son propriétaire, le milliardaire et entrepreneur de la biotech Patrick Soon-Shiong, dans les pages du grand journal californien, créé il y a 142 ans.

« La décision d’aujourd’hui est douloureuse pour tous, mais il est impératif que nous agissions rapidement et prenions des mesures pour construire un journal viable et florissant pour les générations futures », avec plus d’abonnements et de revenus publicitaires, a expliqué l’homme d’affaires, qui avait racheté le journal pour 500 millions de dollars en 2018.

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« Nous croyons toujours au “Los Angeles Times” et au rôle important qu’il joue dans une démocratie dynamique. Mais un journal ne peut pas jouer ce rôle lorsque son personnel est réduit jusqu’à l’os », a déploré le syndicat du journal, alors que le pays s’apprête à vivre en 2024 une campagne présidentielle tendue, probablement entre Joe Biden et Donald Trump.

Virage difficile pour la presse traditionnelle

Le journal de Los Angeles, qui revendique 51 prix Pulitzer depuis 1942, doit s’adapter aux bouleversements de l’ère numérique, à la diminution des revenus publicitaires et à la perte d’abonnés, un virage difficile pour de nombreux titres de la presse traditionnelle. Soixante-dix postes avaient déjà été supprimés en juin 2023 au Los Angeles Times. Le directeur de la rédaction, Kevin Merida, avait quitté ses fonctions début janvier, sur fond de désaccords avec le propriétaire, selon des médias.

Du Washington Post, propriété du milliardaire et fondateur d’Amazon Jeff Bezos, à la radio publique NPR, en passant par Vox Media (New York Magazine, The Verge, Vox), 2023 a été marquée par de nombreuses annonces de suppressions de postes dans les rédactions américaines, un mouvement qui se poursuit depuis des années.

Mardi, la patronne de Time Magazine, Jessica Sibley, a également écrit à ses équipes pour annoncer « la difficile décision de supprimer des postes au sein de plusieurs services », sans donner de chiffres, selon un journaliste du site Semafor qui a publié l’information sur X.

D’après un rapport début décembre de Challenger, Gray and Christmas, une entreprise de conseil en ressources humaines, 2 681 emplois avaient déjà été supprimés dans les rédactions en 2023, contre 1 808 en 2022 et 1 511 en 2021.

Autre annonce choc et très symbolique, la majorité de la rédaction du prestigieux magazine Sports Illustrated va être licenciée par son éditeur, The Arena Group, avait annoncé, vendredi, le syndicat américain de la presse.

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Une « attaque ciblée »

Les difficultés touchent aussi des médias de l’ère internet, comme Vice Media, en faillite depuis mai, tandis que BuzzFeed a annoncé, en avril, la fermeture de son site d’infos BuzzFeed News, avec 180 licenciements à la clé.

Les annonces au Los Angeles Times et chez Time Magazine sont intervenues alors que 400 journalistes et employés syndiqués du groupe Condé Nast, qui rassemble des titres comme Vanity Fair, Vogue ou GQ, ont cessé le travail vingt-quatre heures, mardi, pour protester contre les conditions d’un plan de licenciements dans le groupe.

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A New York, au pied de l’immeuble One World Trade Center, où Condé Nast à ses bureaux, plus d’une centaine d’entre eux ont manifesté sous la pluie, puis dans un froid humide, boudant volontairement la couverture des nominations aux Oscars à Hollywood.

Condé Nast avait annoncé en novembre son intention de licencier 5 % de ses équipes, soit environ 300 personnes. Mais le syndicat du groupe, formé en 2022, proteste notamment contre un plan qui vise 20 % de ses membres et s’apparente à une « attaque ciblée », selon l’un de ses responsables, Ben Dewey. D’après le site Variety, l’actrice Anne Hathaway, connue pour son rôle dans le film Le diable s’habille en Prada (2006), qui a pour décor le magazine Vogue, a quitté une séance photo chez Vanity Fair en solidarité avec les grévistes.

Le Monde avec AFP

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