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C’était un engagement pris par Le Monde lors de l’adoption de sa charte Climat & Environnement, en avril 2023 : porter ses bilans carbone à la connaissance de ses lecteurs et lectrices et se fixer des objectifs de réduction de son empreinte carbone. C’est chose faite avec la publication de l’évaluation des émissions de gaz à effet de serre du groupe Le Monde et de L’Obs pour l’année 2022, établi par le cabinet spécialisé EcoAct. Ce bilan sera consultable sur le site de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

Si on la compare à la précédente, qui portait sur l’exercice 2019, les progrès sont indéniables : à périmètre égal, l’empreinte carbone du groupe de presse passe de 41 374 tonnes équivalent CO2 d’émissions en 2019 à 29 461 tonnes en 2022, soit une baisse de 29 %. Entretemps, la transformation numérique des titres concernés s’est poursuivie et les équipes du groupe Le Monde et de L’Obs ont emménagé en 2020 dans un nouvel immeuble, certifié Haute qualité environnementale (HQE) en exploitation au niveau « excellent ».

Pour rappel, le groupe Le Monde réunit Courrier International, le HuffPost, Le Monde, Le Monde diplomatique, Télérama et La Vie, ainsi qu’une régie publicitaire (M Publicité) et une filiale rassemblant les fonctions transverses (VM Magazines). L’Obs, titre « cousin » car appartenant aux mêmes actionnaires que le groupe Le Monde et partageant le siège de ce dernier, a été intégré au calcul de l’empreinte carbone.

Là où les choses se compliquent (un peu), c’est que ce bilan carbone prend en compte de nouveaux éléments, notamment le poids de la fabrication des équipements numériques et leur utilisation par des lecteurs et lectrices, ceci dans le but d’avoir une vision plus globale et complète des émissions liées à l’activité de l’entreprise. On verra plus bas que cela est loin d’être neutre. Sur ce périmètre élargi, l’empreinte carbone du groupe Le Monde et de L’Obs passe à 67 420 tonnes équivalent CO2 en 2022. Grosso modo l’équivalent des émissions annuelles de 6 700 Français. Le Monde lui-même pèse pour 40 722 tonnes, soit 60 %, de ce total.

Le poids des différents titres et filiales du groupe Le Monde et de « L’Obs » dans le bilan carbone du groupe de presse.

Ce bilan carbone permet de répondre à une question que se posent aussi bien les équipes du groupe Le Monde que celles et ceux qui lisent nos titres : du papier et du numérique, lequel est le plus émetteur en gaz à effet de serre ? Si l’on prend le périmètre du seul Monde (quotidien imprimé, site et applications), le résultat est assez clair : l’activité numérique représente 62 % de son empreinte carbone (pour 80 % de sa diffusion payée) et l’activité papier 28 % (pour 20 % de la diffusion payée), le solde (10 %) se rapportant au fonctionnement du Monde.

Conclusion : le numérique est plus gourmand en valeur absolue, mais si on rapporte l’empreinte carbone de chaque mode de diffusion à son poids dans le lectorat du Monde, un exemplaire imprimé a plus d’impact en terme d’émissions de gaz à effet de serre qu’une lecture sur support numérique.

Lire aussi : L’échec du bilan carbone « obligatoire », symbole du mépris des enjeux climatiques

Ce nouveau bilan permet également de mesurer l’empreinte carbone des appareils utilisés par nos lecteurs et lectrices pour lire Le Monde. Le calcul prend en compte l’ensemble du cycle de vie de ces ordinateurs, tablettes ou smartphones, mais est effectué au prorata du temps passé à lire Le Monde par rapport aux autres activités auxquelles se livrent leurs propriétaires sur ces terminaux.

Et le résultat est pour le moins impressionnant : 38 % de l’empreinte carbone totale du groupe Le Monde est produite par cette phase de lecture de ses productions éditoriales. Attention : il ne s’agit pas de nous défausser de nos responsabilités sur celles et ceux qui nous lisent, mais bien de disposer d’une vision globale de l’impact de notre activité en émissions de gaz à effet de serre. L’autre poste important de l’activité numérique du groupe Le Monde est constitué par le transfert des données vers les utilisateurs (10 % du bilan carbone global), leur stockage dans les data centers ne représentant lui qu’environ 2 % du total.

Du côté des supports imprimés, le principal poste d’émissions reste l’achat de papier, qui pèse pour 24 % du bilan carbone du groupe Le Monde, sachant qu’à la différence du quotidien, la diffusion des hebdomadaires du groupe se fait encore majoritairement sur le papier. La distribution des journaux imprimés représente pour sa part environ 5 % de l’empreinte carbone. Quant aux déplacements des collaborateurs du groupe (reportages et trajets domicile-travail pour l’essentiel), ils comptent pour moins de 4 % du bilan global.

La prolongation de la durée de vie des équipements informatiques est une des pistes empruntées pour diminuer l’empreinte carbone du groupe Le Monde. 

Le groupe Le Monde s’est d’ores et déjà fixé une trajectoire de diminution de son empreinte carbone à l’horizon 2025. Parmi les pistes empruntées par le numérique : la diminution du poids des données et la migration vers des data centers fonctionnant à 100 % à partir d’énergies renouvelables. Concernant l’activité papier : le passage à une flotte de véhicules propres pour les prestataires chargés du portage des journaux et la baisse de la part d’exemplaires invendus.

Au niveau du fonctionnement du groupe, des actions visant à allonger la durée de vie des équipements électroniques ont été lancées. Des mesures que les lecteurs et lectrices des titres du groupe Le Monde peuvent aussi s’appliquer à eux-mêmes pour contribuer à faire baisser notre empreinte carbone ! La prochaine mesure des émissions du groupe Le Monde devrait porter sur l’exercice 2024 et être rendue publique courant 2025.

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