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Gabriel Attal avait rêvé meilleure entrée en scène. Mais le premier ministre, si attentif au poids de l’image, n’a pu éviter que la colère des agriculteurs ne télescope son agenda. Et c’est dans un Paris protégé par les forces de l’ordre déployées par le ministère de l’intérieur pour empêcher aux tracteurs de bloquer et d’« affamer » l’Ile-de-France selon les revendications de certains exploitants – que le chef du gouvernement devait prononcer, mardi 30 janvier, son discours de politique générale.

Trois semaines après sa nomination surprise à Matignon, Gabriel Attal, 34 ans, s’est donc déjà frotté à l’exercice du pouvoir, affrontant une première crise majeure, provoquée par l’exaspération d’agriculteurs, symboles d’une France terrienne aimée des citoyens. Un baptême du feu pour l’élu des Hauts-de-Seine, plus familier des préoccupations de la ville que de celles des campagnes. En cas de fiasco, si la crise venait à s’enliser, voire à contaminer d’autres secteurs, le premier ministre en sortirait affaibli. Discrédité. Pour l’heure, s’il n’a su apaiser totalement le courroux des paysans, le chef du gouvernement a, aux dires de l’Elysée, fait « ce pour quoi il a été nommé », contribuant, par ses premières annonces, vendredi 26 janvier, à amorcer une désescalade.

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Le chef du gouvernement devrait avoir des mots, mardi, pour ce monde agricole qui se dit écrasé par la paperasserie administrative et souffre de ne pouvoir vivre décemment de son travail. Cette France qui « se lève aux aurores », selon le premier ministre, participe de cet « esprit français » que Gabriel Attal compte encenser dans l’Hémicycle. Et si une nouvelle salve d’annonces, attendues par les professionnels, n’est pas dévoilée devant les parlementaires, le premier ministre reviendra sur sa « méthode » : « Poser un diagnostic, parler vrai et apporter des résultats », explique-t-on Rue de Varenne. Le relais sera passé à Emmanuel Macron pour porter au sein des instances européennes la voix des paysans français afin de limiter les contraintes imposées par Bruxelles et résister à la signature du traité de libre-échange avec le Mercosur, qui regroupe plusieurs pays d’Amérique du Sud.

Sa vision de la transition écologique

Ce soutien massif aux agriculteurs comporte des lignes rouges, écologiques. Le premier ministre, peu disert sur cet enjeu majeur pour les générations futures, n’entend pas céder, assure-t-on à Matignon, sur les sujets de santé publique, concernant, par exemple, les zones d’épandage de pesticides. Et, partant de cet impératif, Gabriel Attal aura l’occasion de détailler sa vision de la transition écologique, mardi. Une attente forte, au sein de l’aile gauche de la Macronie.

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