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Après la révélation mardi par Libération de l’organisation d’un dîner il y a quelques mois par Thierry Solère en présence notamment d’Edouard Philippe et de Marine Le Pen, plusieurs représentants du camp macroniste ont regretté, mercredi 10 juillet, cette rencontre en la qualifiant de « mauvais signal ».

« Il y a entre nous et l’extrême droite un fossé infranchissable » et « c’est un mauvais signal à l’égard du pays que de multiplier les signes qui vont dans leur sens », a déclaré le président du MoDem François Bayrou sur BFM-TV, après avoir d’abord essayé de tempérer en déclarant « ne pas [s]e mêler de l’emploi du temps et des convives que se choisissent les uns et les autres ».
Cela « veut dire peu ou prou qu’on peut imaginer qu’il y ait des rapprochements », a-t-il déploré au lendemain des révélations du journal sur des rencontres entre membres de la macronie et de l’extrême droite organisées au domicile de Thierry Solère, ex-député et ancien conseiller d’Emmanuel Macron.

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M. Philippe, candidat potentiel contre Mme Le Pen pour la présidentielle de 2027, a reconnu mardi sur TF1 avoir participé en décembre dernier à l’un de ces rendez-vous parisiens avec la cheffe de file des députés du Rassemblement national (RN). « Oui, c’est vrai. Nous avons dîné, parce qu’on se connaît peu, on a dîné, on a constaté à l’occasion du dîner, qui était un dîner cordial, que nous avions des désaccords très profonds sur de très nombreux sujets », a déclaré le président du parti Horizons, membre de la majorité sortante, pour se justifier. Quand Mme Le Pen, lors de la rentrée des députés de son parti, a balayé mercredi la question en déclarant : « Je dîne avec toute une série de gens, c’est tout à fait normal ».

Gérald Darmanin et Aurore Bergé n’y « seraient pas allés »

Mardi soir, le quotidien a publié un article, peu avant 19 heures, dans lequel sont décrits plusieurs dîners organisés au domicile parisien de Thierry Solère, ancien député de LR et conseiller « bénévole » du chef de l’Etat, souvent présenté comme son intermédiaire auprès de nombreux élus, notamment à droite. Selon Libération, l’actuel ministre de la défense, Sébastien Lecornu, a aussi rencontré la cheffe de file du parti d’extrême droite en compagnie de M. Solère, à la mi-mars. La présence sur place de Jordan Bardella est aussi avancée, autour de la même date, par les sources du quotidien. Interrogées, toutes les personnalités mentionnées, sauf M. Philippe, ont démenti ces éléments auprès de Libération.

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Interrogé sur le sujet, le député de Paris Sylvain Maillard, ancien chef de file des députés Renaissance, a déclaré que « ce n’est pas anodin » de dîner avec Mme Le Pen, sur Radio J. Tandis que les ministres Aurore Bergé et Gérald Darmanin ont eux fait savoir qu’ils auraient décliné l’invitation. « Je n’y serais pas allée si j’avais été invitée », a fait savoir la première sur France 2. « Édouard Philippe dîne avec qui il souhaite, moi je n’aurais pas dîné avec Marine Le Pen », a également répondu le ministre de l’intérieur, sur Europe 1/CNews, avant de rappeler son amitié pour M. Philippe ainsi que M. Solère, tous deux ex-transfuges des Républicains (LR), comme lui.

Au contraire, pour le ministre de la transition écologique Christophe Béchu, numéro 2 du parti Horizons de M. Philippe, « il n’est jamais inutile de savoir qui sont vos adversaires politiques ». « Est-ce que, depuis ce fameux dîner dont on essaie de faire un scoop, il y a eu, de la part d’Edouard Philippe, la moindre évolution sur sa ligne, la moindre complaisance, la moindre compromission ? », s’est-il interrogé sur Sud Radio. Selon M. Béchu, l’ancien premier ministre, partisan du « ni-RN ni-LFI », « est un de ceux qui, aussi bien pendant les élections européennes que pendant ces élections législatives, a tapé avec le plus de force et le plus de constance contre la menace de voir arriver le Rassemblement national aux responsabilités ».

« Je déteste le flicage. Dans une démocratie, on dîne avec qui on veut », a estimé de son côté Sébastien Chenu, vice-président du RN, sur RTL. Interrogé par ailleurs sur le front républicain contre l’extrême droite, il a rétorqué : « Quand Edouard Philippe dîne avec Marine Le Pen, je n’ai pas le sentiment que nous sommes des pestiférés. »

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Le Monde avec AFP

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