Le pétrole s’envole, le gaz explose, mais le blé ne monte que de quelques degrés. Depuis la déflagration de l’attaque de l’Iran par les Etats-Unis et Israël, samedi 28 février, l’onde de choc bouscule le marché des matières premières. Tous les regards sont tournés vers le détroit d’Ormuz où le trafic des pétroliers et méthaniers s’est figé. De quoi propulser les cours du pétrole et du gaz vers les sommets. Une ascension alimentée également par les bombardements, par l’Iran, de site pétroliers et gaziers des pays du Golfe. Ce bond des prix de l’énergie s’est transmis derechef à la pompe, plombant d’autant le moral des automobilistes.

Le conflit au Moyen-Orient touche aussi directement les agriculteurs soucieux de remplir les réservoirs de leurs tracteurs. Le prix du gasoil non routier (GNR) qu’ils utilisent pour planter, semer, tailler ou récolter a valsé. « Je viens d’acheter du GNR à 1 400 euros les 1 000 litres. Avant le conflit, il était à 700 euros », témoigne Arthur Portier, céréalier mais aussi analyste au cabinet Argus Media. Or, il est temps de semer maïs et betteraves ou d’aller dans les vignes pour les tailler.
La hausse du prix du gaz et la quasi mise à l’arrêt du trafic dans le détroit d’Ormuz a aussi, par ricochet, un effet sur les engrais. « Trente pour cent du trafic mondial de l’urée et 20 % de celui de l’ammoniaque passent par le détroit d’Ormuz », estime M. Portier, avant d’ajouter que « près de 80 % du coût de l’ammoniaque est lié à celui du gaz ». Ce renchérissement des produits de fertilisation ne devrait pas pénaliser les céréaliers cette année, mais plutôt en 2027. « Pour la campagne 2026, les achats d’engrais sont faits », assure Benoît Piétrement, président du conseil spécialisé grandes cultures de FranceAgriMer.
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