Quand les milliardaires commencent à s’inquiéter des laissés-pour-compte du capitalisme, c’est le signe que la situation est grave. Larry Fink, le PDG de BlackRock, premier gestionnaire d’actifs mondial, a profité de sa traditionnelle lettre annuelle aux investisseurs, lundi 23 mars, pour alerter sur le risque de voir l’intelligence artificielle (IA) devenir une machine à industrialiser les inégalités.

Larry Fink, PDG de BlackRock, à Washington, le 11 mars 2026.

La richesse créée depuis la chute du mur de Berlin, en 1989, rappelle le gourou de Wall Street, a dépassé celle amassée durant toute l’histoire de l’humanité jusqu’alors. Problème, la grande majorité est allée « aux personnes qui possédaient des actifs, et non à celles qui gagnaient l’essentiel de leur argent en travaillant. Depuis 1989, la valeur d’un dollar investi sur le marché boursier américain a été multipliée par plus de quinze par rapport à celle d’un dollar lié au salaire médian », avance-t-il avant de prévenir : « Aujourd’hui, l’IA menace de reproduire ce schéma à une échelle encore plus grande, en concentrant la richesse entre les mains des entreprises et des investisseurs les mieux placés pour en tirer profit. »

Le contraste est, effectivement, vertigineux. D’un côté, des patrimoines incommensurables s’accumulent pour les stars de la tech, les Elon Musk (Tesla ou SpaceX), Larry Page (Google) ou Jeff Bezos (Amazon, Blue Origin), qui représentent huit des dix premières fortunes mondiales, selon l’indice Bloomberg des milliardaires.

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