Thierry Meignen, à l’hôtel de ville du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), le 22 mars 2026.

Le président du Sénat, Gérard Larcher (Les Républicains), a saisi le président du comité de déontologie après le dépôt d’une plainte visant l’ancien maire du Blanc-Mesnil et sénateur LR Thierry Meignen pour menaces de mort envers la journaliste Nassira El Moaddem, a appris l’Agence France-Presse (AFP), jeudi 26 mars.

Selon l’entourage du président du Sénat, ce dernier a demandé au sénateur Arnaud Bazin (LR), qui dirige le comité de déontologie du Sénat, de se pencher sur cette affaire où M. Meignen, ex-maire et candidat battu par la gauche au second tour des élections municipales, s’en est pris auprès du Monde à Mme El Moaddem, qui a publié un livre enquête sur l’ancien édile, Main basse sur la ville, enquête au Blanc-Mesnil (Stock, 2026).

« Je vais la faire condamner pour diffamation. Je vais la fouetter. J’irai au bout, elle va mourir, je la tue », a déclaré Thierry Meignen au Monde, deux jours avant le second tour où il s’est incliné contre le candidat divers gauche, Demba Traoré (51,49 % contre 48,51 %). La publication de ces propos a conduit la journaliste et les éditions Stock à déposer une plainte mardi.

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Ce livre relate notamment les représailles de la mairie contre des associations et des clubs sportifs, sa chasse aux sorcières contre les agents municipaux ou encore l’octroi mystérieux en 2020 d’une subvention de 20 000 euros à une association créée deux mois plus tôt par la députée européenne d’extrême droite Sarah Knafo (Reconquête !).

« Propos inqualifiables »

Le comité de déontologie du Sénat est notamment compétent pour toute question déontologique relative à l’exercice du mandat des sénateurs. Selon le règlement du Sénat, il peut rendre des avis et émettre des recommandations en vue de sanctions prononcées par le bureau du Sénat, à condition d’avoir été formellement saisi par le président de la Chambre haute ou son bureau.

Dans un courrier envoyé au président du Sénat, Gérard Larcher, et transmis à l’AFP, le groupe Ecologiste du Sénat avait appelé jeudi à la saisine du comité de déontologie, dénonçant des « propos inqualifiables », qui « ternissent l’image de notre institution tout entière et appellent une réaction de celle-ci ». Mercredi, le chef des sénateurs socialistes, Patrick Kanner, avait aussi appelé le Sénat à ne pas rester « inactif » et à « instruire ce dossier ». « La gravité et l’indignité de cette déclaration nous obligent à réagir avec force », avait-il lancé dans l’hémicycle.

Interrogé mercredi par Le Parisien, M. Larcher avait dénoncé la « violence inacceptable » de la campagne des municipales, affirmant avoir contacté plusieurs élus pour leur « témoigner de sa solidarité ».

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Le Monde avec AFP

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