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L’écrivain français Sylvain Tesson, le 31 janvier 2017.

Alors que l’écrivain et explorateur Sylvain Tesson a été nommé parrain du Printemps des poètes 2024 début janvier, plus de six cents personnalités, notamment du monde de la littérature, ont rejeté cette décision dans une tribune publiée par Libération vendredi 19 janvier. Cette manifestation, qui se tiendra du 9 au 25 mars, a pour vocation de sensibiliser à la poésie sous toutes ses formes, notamment dans des écoles, médiathèques, librairies et festivals.

« Nous, poétesses, poètes, éditrices et éditeurs, libraires, bibliothécaires, enseignantes et enseignants, actrices et acteurs de la scène culturelle française refusons la nomination de Sylvain Tesson », écrivent les signataires, estimant que l’écrivain a été « érigé en icône réactionnaire ».

« La fin de l’année 2023 a signé le glissement du second mandat d’Emmanuel Macron (…) vers un projet politique plus que jamais proche de l’extrême droite, poursuivent-ils, et marqué par une idéologie réactionnaire où les changements sociaux, pourtant inhérents à toute société démocratique, incarnent un danger. »

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« Normalisation de l’extrême droite »

Le texte a été signé, entre autres, par les écrivains Baptiste Beaulieu et Jean d’Amérique, les autrices Fatima Daas et Chloé Delaume, la maison d’édition Blast ou encore les poétesses Stéphanie Vovor et Liliane Giraudon. La tribune souligne que Sylvain Tesson « a notamment préfacé un ouvrage de référence de l’extrême droite, Le Camp des saints, de Jean Raspail », qu’ils qualifient de « dystopie raciste sur l’immigration ». Ils notent que l’écrivain fait partie, selon une enquête du journaliste François Krug, de l’« extrême droite littéraire ».

Pour les signataires, sa nomination comme parrain du Printemps des poètes 2024 « vient renforcer la banalisation et la normalisation de l’extrême droite dans les sphères politique, culturelle, et dans l’ensemble de la société ». Une banalisation politique qui va, selon la tribune, « à l’encontre de l’extrême vitalité de la poésie revendiquée par le Printemps des poètes ».

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Le Monde

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