Le ministre des affaires étrangères vénézuélien, Yvan Gil Pinto, à l’Assemblée des Nations Unies, à New York, le 26 septembre 2025.

Le ministre des affaires étrangères vénézuélien a demandé, lundi 23 février, à Genève, la libération « immédiate » du président vénézuélien déchu Nicolas Maduro, capturé par les Etats-Unis il y a plus d’un mois, le 3 janvier.

Le Venezuela demande « la libération immédiate par le gouvernement des Etats-Unis du président constitutionnel de la République bolivarienne du Venezuela, Nicolas Maduro Moros, et de son épouse, la première dame Cilia Flores », a déclaré Yvan Gil Pinto, devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. « Le 3 janvier 2026 a marqué un tournant d’une extrême gravité. Une action militaire illégale contre notre pays a entraîné la mort de plus de 100 personnes et la détention arbitraire » de M. Maduro et de son épouse, a assuré M. Gil.

« En dépit de cette action, menée dans un contexte de profonde asymétrie technologique et militaire entre notre pays et la puissance nucléaire des Etats-Unis (…), nous avons choisi d’ouvrir un canal diplomatique pour régler nos différends avec ce pays », a expliqué M. Gil. « Non pas par soumission, mais dans l’égalité souveraine des Etats ; non pas dans la peur, mais avec la conviction que le dialogue est la seule voie civilisée entre les nations », a-t-il ajouté.

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Une loi d’amnistie élaborée sous pression américaine

Plus globalement, le chef de la diplomatie vénézuélienne a affirmé que le Venezuela avait choisi « une voie », celle « de la paix et de la souveraineté », celle « du dialogue sans renoncer [aux] principes [de la nation vénézuélienne] », celle « de la réconciliation intérieure sans oublier la justice », celle « de la coopération internationale fondée sur l’égalité juridique des Etats ».

« Aujourd’hui, nous œuvrons à un processus de reconnaissance des blessures, de pardon et de réconciliation », a-t-il également relevé, faisant valoir la loi d’amnistie récemment adoptée. Elaborée sous pression américaine, cette loi a été promulguée jeudi. Elle est critiquée pour exclure certains militaires et policiers et ne pas couvrir toute la période suivant l’arrivée au pouvoir, en 1999, du prédécesseur de M. Maduro, Hugo Chavez.

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M. Maduro a dirigé le Venezuela d’une main de fer entre mars 2013 et janvier 2026. Le pays est désormais présidé par Delcy Rodriguez, qui était sa vice-présidente depuis 2018.

Confronté pour la première fois à la justice américaine le 5 janvier, deux jours après sa capture, M. Maduro avait plaidé non coupable d’accusations de trafic de drogue et déclaré qu’il était un « prisonnier de guerre ».

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Le Monde avec AFP

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