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Petite secousse pour le champagne. Le célèbre vin pétillant n’a pas échappé au coup de pression de l’inflation. Après un millésime 2022 de tous les records, l’année 2023 s’est terminée sur un léger coup de froid. Les bouchons ont moins sauté en France, mais aussi aux quatre coins de la planète.

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Le verdict du Comité interprofessionnel du vin de Champagne (CIVC), qui regroupe maisons et vignerons de cette prestigieuse région, est tombé lundi 15 janvier : le nombre de bouteilles écoulées en 2023 est passé juste sous la barre des 300 millions, à 299 millions, soit un reflux de 8,2 % sur un an. Le champagne perd quelques bulles…

Pourtant, à l’été, quand le CIVC s’est réuni, comme le veut la tradition, pour négocier et fixer les rendements de la prochaine vendange, prévisions de vente à l’appui, l’ambition était encore d’en expédier entre 310 millions et 315 millions. Finalement, le recul, déjà anticipé, s’est accru au fil de l’année.

« Nous n’avons jamais été aussi bas »

La décrue a touché tout autant les ventes en France que les exportations. Les Français, qui chipotaient déjà à trinquer au champagne, sont de plus en plus réticents à choisir ce vin pétillant. Prosecco, cava, crémant se font mousser en période d’arbitrage de consommation. Résultat, la France ne pèse plus que 43 % des volumes de vin champenois. « Nous n’avons jamais été aussi bas sur le marché français, même en temps de Covid. Le moral des ménages et l’inflation ont pesé », estime Maxime Toubart, président du Syndicat général des vignerons de la Champagne.

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A l’export, des distributeurs ont surstocké après la période du Covid-19, face à la reprise rapide des affaires, avant de limiter leurs emplettes ces derniers mois afin d’écouler la marchandise. « Nous ne sommes pas inquiets. Nous retrouvons les niveaux d’expéditions d’avant la crise sanitaire. Mais nous surveillons attentivement l’évolution des ventes dans chaque pays », ajoute M. Toubart.

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Le CIVC se félicite d’avoir maintenu la valeur du marché. Avec une valorisation moyenne de 8 % des cuvées, le chiffre d’affaires de l’appellation devrait rester supérieur à 6 milliards d’euros, très proche du record historique porté par le millésime 2022. Le prix du raisin a, lui, augmenté de 4 % à 6 %, la vendange a été plantureuse et les vignerons ont pu accroître leurs stocks. « Nous n’avons jamais eu autant de vin dans les caves », assure M. Toubart. Les muselets de champagne n’attendent qu’à être démuselés…

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