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Des touristes à cheval sur des pistes de ski sans neige à Gulmarg, à l’ouest de Srinagar (Jammu-et-Cachemire), le 13 janvier 2024.

Les prières organisées quelques semaines plus tôt dans les mosquées de la vallée semblent enfin avoir été entendues. Les premiers flocons de neige de l’année sont finalement tombés au Cachemire, vendredi 26 janvier, mettant fin à une sécheresse de près de deux mois. Cinq centimètres ont commencé par recouvrir les pistes de Gulmarg d’un élégant manteau blanc, alors que cette station de ski himalayenne a offert une grande partie de l’hiver un triste paysage de terres arides.

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Située à plus de 2 600 mètres d’altitude, Gulmarg est l’une des stations les plus vastes et les plus hautes d’Asie, elle attire chaque année des milliers de skieurs venus du monde entier pour profiter de la poudreuse. Les flancs des montagnes y sont habituellement recouverts de neige de décembre à mars.

Mais cette année le Cachemire est touché par une forte sécheresse. « Nous n’avons pas connu de tel hiver depuis cent ans », estime Shahid Rasool Thoker, responsable du Gulmarg Ski Club. Au mois de décembre, le déficit de précipitation enregistré frôle 80 % par rapport à l’année précédente, selon les chiffres officiels. Les hôtels subissent des annulations en cascade alors que le secteur du tourisme représente environ 7 % de l’économie du territoire indien du Jammu-et-Cachemire.

Des personnes se reposent sur un étang gelé, à Gulmarg, à l’ouest de Srinagar (Jammu-et-Cachemire), le 13 janvier 2024. Des personnes se reposent sur un étang gelé, à Gulmarg, à l’ouest de Srinagar (Jammu-et-Cachemire), le 13 janvier 2024.

« Nous avons préféré annuler toutes les réservations jusqu’au 10 février car nos clients ne pourront pas aller sur les pistes », regrettait Rais Bakshi, du Gulmarg Ski Resort, avant les premières chutes de neige. Plus d’une trentaine de magasins de ski sont restés fermés cette saison. « La magnifique patinoire extérieure de la ville, ouverte de décembre à février n’a même pas encore gelé en raison des températures élevées pour la saison », insiste ce professionnel du tourisme. Les températures ont été particulièrement élevées en ce mois de janvier et ont dépassé en moyenne de 6 °C à 8 °C les normales saisonnières.

Plus fréquents et plus intenses

« Si la neige tombe, je serai la personne la plus heureuse sur terre », assurait encore Mukhtar Ahmed, à la tête du centre météorologique de Srinagar, capitale d’été du Cachemire, quelques jours avant que ses prévisions se matérialisent. Les précipitations devraient se poursuivre jusqu’au 4 février. Malheureusement, pas de quoi sauver la saison. « C’est un soulagement temporaire qui ne compensera pas la sécheresse subie au cours des derniers mois », regrette le spécialiste.

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Les experts jugent que ces conditions météorologiques inhabituelles sont liées au réchauffement climatique. Ces phénomènes devraient devenir plus fréquents et plus intenses à l’avenir avec des effets catastrophiques sur les ressources en eau. Selon un rapport de 2020 du ministère des sciences de la Terre indien, l’impact du réchauffement climatique dans l’Himalaya et au Cachemire devrait être particulièrement marqué.

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