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Histoires Web samedi, mars 2
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Frédéric Jousset aime les prouesses physiques. La vente, en 2023, de Webhelp, l’opérateur de centres d’appels cofondé en 2000, l’a propulsé dans le cercle très fermé des milliardaires français. L’entrepreneur a aussi le goût de la démesure : il s’est ainsi fait construire le plus grand catamaran du monde, long de 47 mètres, pour la coquette somme de 41 millions d’euros. Un caprice de riche ? Pas vraiment. L’homme d’affaires n’en aura pas la jouissance gracieuse.

Car ce voilier de tous les superlatifs a pour vocation d’abriter huit mois par an un festival d’art itinérant, organisé par la fondation qu’il a créée en 2019, Art Explora, pour relier vingt ports dans quinze pays de la Méditerranée. Ce périple de trois ans doit démarrer en mars à Malte, se poursuivre en avril à Venise pour coïncider avec la biennale d’art, avant de culminer en juin à Marseille. « Une manière de mixer les pratiques et de passer les frontières », décrète l’homme d’affaires rompu aux punchlines. Et de promettre des « rendez-vous innovants, hybrides et inattendus », et surtout gratuits, pour attirer ceux qui ne mettent pas les pieds dans un musée ou un théâtre. « Il y a une fascination pour les bateaux qu’on voit dans les grandes courses de voile, mais, jusqu’à présent, les gens ne pouvaient que les apercevoir sans monter dedans », poursuit Frédéric Jousset, qui mise sur l’« effet waouh » d’un catamaran capable d’accueillir 2 000 personnes par jour.

Le principe d’un musée vagabond n’est pas nouveau. Inspirée par les bibliobus, des médiathèques ambulantes, l’entrepreneuse Ingrid Brochard avait lancé en 2011 le MuMo. Ce camion, relooké en 2017 par la designer Matali Crasset, sillonne les routes pour présenter au pied des immeubles des quartiers périphériques et dans les zones rurales des œuvres des collections publiques à un public qui en est éloigné. « Notre force, c’est le maillage territorial », se félicite Ingrid Brochard, rappelant que 55 % de ses usagers n’ont jamais pénétré dans un musée.

Un « village » de 3 000 mètres carrés

Beaubourg, de son côté, avait tenté en 2011 l’expérience du Centre Pompidou mobile, louable initiative qui s’arrêta toutefois au bout de deux ans faute d’argent. L’établissement parisien a relancé le projet en s’associant au MuMo pour faire circuler ses collections en France métropolitaine (et prochainement en outre-mer), dans une deuxième remorque financée à hauteur de 600 000 euros par Art Explora. Un projet de « ciné mobile », une nouvelle flotte de camions visant à renforcer l’éducation des enfants à l’image, devrait aussi voir le jour dans un an.

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