L’ayatollah Al-Sistani appelle à l’unité et à la paix après la nomination de Mojtaba Khamenei en Iran

Le grand ayatollah Ali Al-Sistani, plus haute autorité religieuse pour des millions de chiites d’Irak et du monde, a souhaité mercredi au nouveau Guide suprême de la République islamique d’Iran le succès nécessaire pour « préserver l’unité nationale et la concorde ».

Evoquant la mémoire de l’ancien Guide suprême Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran, il a souhaité à son fils et successeur, Mojtaba Khamenei, de réussir à « servir le grand peuple iranien, repousser le mal absolu et préserver l’unité nationale et la concorde ».

Il y a une semaine, l’ayatollah Al-Sistani, lui-même né en Iran mais installé dans la ville sainte irakienne de Nadjaf depuis des décennies, avait appelé « tous les musulmans » à dénoncer « une guerre injuste ». Il espérait un engagement de la communauté internationale « pour y mettre fin immédiatement et parvenir à un règlement juste et pacifique de la question du nucléaire iranien ».

S’il n’a pas de rôle officiel au sein du système politique irakien, Ali Al-Sistani, nonagénaire, est une personnalité incontournable du monde chiite et de l’échiquier irakien.

Son prestige religieux auprès des chiites du monde entier est équivalent à celui de l’ancien Guide suprême iranien, les deux ayant le même rang d’ayatollah. Mais l’ayatollah Al-Sistani est aussi tiraillé dans sa relation à l’Iran et son régime politique, voyant d’un mauvais œil l’influence de Téhéran sur la vie politique irakienne.

Son positionnement s’explique en partie par la rivalité historique entre la ville sainte de Nadjaf, où il a été formé, et la ville iranienne de Qom, l’autre grand pôle de la théologie chiite.

Pour l’école théologique de Nadjaf, les religieux doivent se contenter de conseiller sans se mêler des affaires publiques. Quand l’Iran est gouverné par la théorie du velayat-e faqih formulée par le premier Guide suprême de la République islamique, l’ayatollah iranien Ruhollah Khomeyni, et qui consacre la primauté du religieux sur les politiques.

Share.
Exit mobile version