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En bon professionnel, Laurent Wauquiez a pris l’air grave et pénétré, dans la soirée du dimanche 7 juillet, peu après la proclamation des résultats des élections législatives. Le député fraîchement élu a parlé trois minutes, derrière un pupitre avec liseré tricolore, sur une estrade. Ce qui a fait l’­effet d’une pose toute mitterrandienne depuis la terrasse dominant le Puy-en-Velay (Haute-Loire), avec en arrière-plan la cathédrale et la statue géante de Notre-Dame de France. « La France ne pourra se relever que dans la clarté. Pour nous, il n’y aura ni coalition ni compromission », a déclaré l’ancien maire de la ville (2008-2016) et ex-patron du parti Les Républicains (2017-2019). Le probable président du groupe des députés LR à l’Assemblée nationale affirme qu’il ne jouera pas les supplétifs, dans un Hémicycle composé de trois blocs majeurs difficilement conciliables.

Laurent Wauquiez bénéficie d’un atout dans la partie qui s’annonce : un quart des cinquante-six députés LR (selon les chiffres, mardi, du secrétaire général du groupe) sont issus de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qu’il préside depuis 2016. Lui-même a été élu avec 61,61 % des voix, dans la 1re circonscription de Haute-Loire, reprenant le siège qu’il avait occupé de 2004 à 2007 et de 2012 à 2017. Une victoire en trompe-l’œil. Au premier tour, Laurent Wauquiez (36,80 %) était talonné par le candidat d’extrême droite Alexandre Heuzey (34,18 %). Son score au second tour doit beaucoup aux voix de gauche, après le désistement républicain de la candidate écologiste Celline Gacon (18,66 % au premier tour).

Pour ses adversaires régionaux, la menace du Rassemblement national (RN) dans sa propre circonscription démontre l’échec de son positionnement. « Les résultats invalident totalement sa stratégie, qui consistait à se faire plus royaliste que l’extrême droite. Il a radicalisé son discours et repris les thèmes du RN, en prônant par exemple la surveillance à outrance, en agitant la prétendue guerre de civilisations. Il espérait capter son influence. Il n’a pas entamé le RN d’une seule voix dans sa région », analyse Jean-François Debat, maire de Bourg-en-Bresse (PS) et fidèle opposant du président Wauquiez au conseil régional.

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Dans la 7e circonscription de l’Isère, Yannick Neuder, distancé par le RN (Benoît Auguste) au premier tour, a été réélu mais a perdu 5 points entre son élection de 2022 et celle de 2024. Ce proche de Laurent Wauquiez, cardiologue spécialiste des questions de santé, vice-président de la région de 2016 à 2022, a bénéficié du report des voix de gauche dans la lutte contre l’extrême droite. Dans le Rhône, le nombre de députés LR est passé de trois à un, Nathalie Serre étant battue par Jonathan Gery (RN) dans la 8e circonscription, une première. En réalité, LR ressort affaibli de la bataille dans la deuxième région de France.

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