Il y a près de huit ans, la Conférence économique pour le développement, par les réformes et avec les entreprises réunissait, autour du président Emmanuel Macron, près de 50 pays et institutions prêts à aider le Liban pour prévenir la crise financière que d’aucuns prévoyaient. Faute de réformes sérieuses, l’aide promise de 11 milliards de dollars (9,5 milliards d’euros) n’a pas été versée, et la crise économique et financière a éclaté en octobre 2019.

Depuis le début de 2025, le Liban se trouvait néanmoins sur une voie un peu plus vertueuse. Sur le plan politique, il avait réussi à nommer un président de la République et un premier ministre, qui avaient formé un gouvernement de personnalités qualifiées plutôt indépendantes des contingences confessionnelles. Des réformes avaient enfin été accomplies – la fin du secret bancaire ou une plus grande indépendance de la justice, par exemple. Des élections parlementaires devaient se dérouler en mai, avec un bloc chiite (Amal et Hezbollah) moins unifié que par le passé.

Sur le plan économique, après une forte récession, on observait une stabilisation (en dépit de la faillite du secteur bancaire), voire une légère reprise, et l’on pouvait songer à reconstruire l’extrême sud du pays, ce qui était nécessaire après les frappes israéliennes de 2024. Sur le plan sécuritaire ou militaire, le Hezbollah n’avait pas réagi aux multiples ruptures du cessez-le-feu de novembre 2024 opérées par Israël. La classe politique était en train de se mettre plus ou moins d’accord sur un désarmement phasé du Hezbollah, au profit des Forces armées libanaises.

Elections repoussées

La France s’apprêtait d’ailleurs à accueillir, le 5 mars, une conférence internationale qui aurait témoigné du soutien de la communauté internationale à cette armée, une des rares institutions libanaises fiables et transconfessionnelles. Sur le plan géopolitique enfin, la Syrie avait cessé de représenter une menace pour le Liban, et l’Europe, à mots couverts, comprenait l’intervention israélo-américaine en Iran.

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