Plusieurs fois par jour, des bombes explosent dans leurs pays. Ils suivent la guerre à distance, avides de chaque détail, tendus dans l’attente des nouvelles de leurs familles. Ces étudiants iraniens et libanais ne vivent pourtant pas du tout le même moment. Quand les premiers soutiennent, pour la plupart, les attaques menées par les Etats-Unis et Israël, qui déstabilisent la dictature, les seconds se désespèrent du retour de la guerre dans leur pays, lié à la présence du Hezbollah, groupe paramilitaire islamiste chiite et soutien des mollahs.
La France a accueilli environ 2 000 étudiants iraniens en 2023, selon l’Unesco. Les étudiants libanais, au nombre de 10 600 étudiants en 2024, sont cinq fois plus nombreux et leur effectif est en hausse de 60 % sur cinq ans, selon Campus France, l’agence française pour la promotion de l’enseignement supérieur, l’accueil et la mobilité internationale.
« Quand j’ai appris la mort de l’ayatollah Ali Khamenei, ça a été l’une des nuits les plus fortes et inoubliables de ma vie, rapporte Nour (comme tous les étudiants iraniens interrogés, elle n’a pas souhaité révéler sa véritable identité), en master d’informatique à Sorbonne Université. Ma mère et ma sœur ont même réussi à m’appeler d’Iran, elles criaient de joie. » Pour Navid, étudiant en sciences et ingénierie hydroélectriques, « la même chose s’est produite en France lorsque les Etats-Unis et le Royaume-Uni l’ont libérée du régime nazi en bombardant une partie du pays ».
Coupures d’Internet
« La mort d’Ali Khamenei n’était qu’un début, ajoute Shirin, étudiante en master de théâtre à l’université de Nanterre. Ma seule peur aujourd’hui, c’est que cette guerre finisse avant de livrer son résultat, c’est-à-dire la chute du régime. Cela serait le pire scénario qui puisse nous arriver. »
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