
Personne ne s’attendait à ce que la réunion des chefs d’Etat et de gouvernement européens, qui se tenait à Bruxelles, jeudi 19 mars, permette de ramener Viktor Orban à de meilleures considérations à l’égard de l’Ukraine. De fait, le premier ministre hongrois a campé sur ses positions : « Nous serons prêts à aider l’Ukraine quand nous aurons notre pétrole », a-t-il martelé, accusant Kiev de ne pas vouloir réparer l’oléoduc Droujba (« amitié », en russe), qui approvisionne la Hongrie et la Slovaquie en pétrole russe et qui, passant en Ukraine, a été bombardé par Moscou le 27 janvier.
Le 19 décembre 2025, les Vingt-Sept s’étaient engagés à l’unanimité à prêter 90 milliards d’euros à Kiev pour l’aider à couvrir ses besoins en 2026 et 2027. Budapest, Bratislava et Prague, qui n’y étaient pas favorables, avaient fini par donner leur accord, nécessaire pour que la Commission puisse lever sur les marchés la somme prévue. Mais il avait alors été convenu qu’ils ne participeraient pas au remboursement de l’emprunt commun des Européens.
Depuis, Viktor Orban est revenu sur son engagement et bloque donc, de fait, le prêt de 90 milliards d’euros. Il a mis le sujet au cœur de sa campagne électorale, alors que les Hongrois doivent se rendre aux urnes le 12 avril pour élire leurs députés, et « ne va pas bouger avant cette échéance », insiste un diplomate européen. « En période électorale, les gens ne sont pas vraiment rationnels », a commenté la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, après avoir rappelé que Budapest peut aussi se faire livrer du pétrole en passant par la Croatie.
Il vous reste 68.75% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.




