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L’acteur américain Gene Hackman et son épouse, la pianiste classique Betsy Arakawa, ont été retrouvés morts à leur domicile de Santa Fe, dans l’Etat du Nouveau-Mexique, a annoncé, jeudi 27 février, le bureau du shérif du comté. Selon la porte-parole du shérif, Denise Avila, leurs corps sans vie, ainsi que celui de leur chien, ont été découverts lors du passage d’une patrouille dans le cadre d’un dispositif d’aide aux personnes âgées.

Avec la mort de Gene Hackman, le cinéma américain perd l’une de ses plus grandes stars. Lorsqu’il se lance dans le métier au début des années 1970, de jeunes réalisateurs, Francis Ford Coppola, Martin Scorsese ou Dennis Hopper, se lancent comme auteurs et osent affronter la toute-puissance des studios. Du pain bénit pour Gene Hackman, qui peut d’autant mieux se permettre de bousculer quelques clichés que le « rêve américain » lui est passé sous le nez après sa naissance le 30 janvier 1930.

Sur CNN, il expliquait en 2004 que son père avait quitté le domicile familial de l’Illinois (nord) lorsqu’il avait 13 ans. A 16 ans, au sortir de la seconde guerre mondiale, Gene Hackman s’engage chez les Marines. Manque de chance, « l’autorité ne me réussit pas », confie-t-il dans l’une de ses rares interviews accordée au journaliste vedette de la chaîne américaine, Larry King.

Moustache et calvitie

Reste le théâtre, la vie de bohème. Quelques cours à la Pasadena Playhouse, une prestigieuse école de Californie, un aller simple pour New York et voilà Gene Hackman, celui auquel de son propre aveu les professeurs prédisaient une piètre carrière, propulsé à Broadway. A l’époque, il arbore déjà moustache et calvitie, ses signes distinctifs. A l’orée de la quarantaine, coup de chance, Arthur Penn l’engage en 1967 pour Bonnie and Clyde.

Jouer dans ce film était « juste un job, merveilleux, oui, mais un simple boulot », expliquait-il au magazine français L’Express en 2000. Très loin des paillettes, des palmiers et du soleil de Californie, Gene Hackman réussit le tour de force de s’installer dans le paysage cinématographique américain avec un film qui se passe à New York, en plein hiver, qui parle de drogue, de violence, de dépression urbaine.

French connection de William Friedkin, où il campe le légendaire flic Jimmy « Popeye » Doyle, l’installe définitivement dans le paysage du nouvel Hollywood. Pour ce film, il remporte l’Oscar du meilleur acteur en 1971.

Hollywood ? « Totalement narcissique »

Gene Hackman joue ensuite sous la direction de Francis Ford Coppola (Conversation secrète, 1974), donne la réplique à Christopher Reeve dans Superman (1978) de Richard Donner, et joue le vagabond avec Al Pacino dans le méconnu L’Epouvantail (1973) de Jerry Schatzberg, un film dont Gene Hackman disait qu’il était le préféré de toute sa carrière.

Il gagnera un second Oscar, celui du meilleur second rôle, dans Impitoyable (1992) de Clint Eastwood, où il campe un ancien tueur devenu shérif d’une petite ville du Wyoming.

Gene Hackman accordait peu d’entretiens à la presse et fréquentait encore moins le monde d’Hollywood. « A Hollywood, tout tourne autour du cinéma : les conversations, les gens que l’on voit, la vie de tous les jours. C’est totalement narcissique. On finit par oublier pourquoi on fait ce métier », disait-il à L’Express. Conséquent avec lui-même et avec sa conception du métier d’acteur, Gene Hackman avait annoncé en 2008 sa « retraite » des plateaux de cinéma.

Le Monde avec AFP

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