Meilleures Actions
Histoires Web mercredi, avril 24
Bulletin

« Des gens qui ont l’habitude de vivre ici depuis longtemps connaissent la montée des eaux… Jusqu’à 5,50 mètres, il n’y a pas de difficultés particulières pour la ville », lançait, dimanche 31 mars, Jean-Luc Dupont, maire (Les Républicains) de Chinon (Indre-et-Loire), dans l’attente d’une crue annoncée par Vigicrue et qui se faisait attendre.

Par précaution, dès samedi, on avait tout de même procédé à l’évacuation des 77 résidents de l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) de l’Ile-Bouchard, à une quinzaine de kilomètres en amont.

Lundi, dès 3 heures du matin, le niveau de la Vienne atteignait 5,45 mètres de hauteur à Chinon, soit six centimètres de plus qu’en mars 2007. Le camping municipal s’est retrouvé noyé, le terrain de rugby du stade Raymond-Bourdon, près du quai de l’Ile-Sonnante, aussi. Relié au centre-ville par un pont routier aux arcades titillées par l’eau, le faubourg Saint-Jacques aura mobilisé pompiers et policiers municipaux, afin d’exfiltrer plus de 200 habitants vers deux centres d’hébergement d’urgence.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Assurance : un centre pour tester des dispositifs de protection contre les inondations

Dimanche, à Nouâtre (Indre-et-Loire), 27 kilomètres en amont, il a bien été question de crue centennale. Ce jour-là, le niveau de la Vienne est passé de moins de 3 mètres, samedi, à 9,06 mètres, dépassant le niveau de 8,62 mètres qui avait été atteint le 8 janvier 1982.

De l’eau jusqu’au ventre, son maire, Laurent Augras, serpentait dans les rues en cuissardes pour convaincre des personnes âgées réticentes de s’en aller par le canot des pompiers. L’épicerie et la boulangerie ont pris l’eau. Quelques soldats de la base militaire, installée à l’écart de la commune, sont venus apporter une camionnette et des caisses de bois pour y stocker les marchandises extirpées des caves in extremis. Et quatre familles sinistrées ont même pris place parmi leurs appartements.

« La vitesse de montée des eaux est impressionnante »

Sur l’autre rive, à Marcilly-sur-Vienne, s’étend le Camping de la Motte, propriété de la communauté de communes Touraine-Val de Vienne. Tony Lombardy, son gérant, a vu l’eau limoneuse s’emparer dimanche des soixante emplacements et de leurs bornes électriques, puis pénétrer les trois mobile-homes, la veille de la réouverture saisonnière officielle. « La préfecture nous avait envoyé une alerte rouge par SMS mais pas de chiffre pour réaliser l’ampleur de la crue qui s’annonçait. C’est grâce au maire, quand il est venu nous parler, qu’on a vraiment réalisé », témoigne-t-il. Il avait pourtant plu un mois non-stop. « Mais que du jour au lendemain, on nous annonce une crue de 9 mètres, c’est bizarre. Par ici, certains se demandent s’il n’y a pas eu de lâcher de barrage. »

Il vous reste 60.31% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Share.
© 2024 Mahalsa France. Tous droits réservés.