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Jamais depuis les attaques du Hamas, le 7 octobre, un évènement si festif, si ostensiblement joyeux n’avait eu lieu en Israël. Des familles nombreuses, des étudiants d’écoles religieuses et d’académies de préparation au service militaire se pressent, dimanche 28 janvier, dans un hall de conférence du quartier des ministères de Jérusalem. Dans une ferveur toute messianique, l’extrême droite religieuse a rassemblé plusieurs milliers de personnes pour demander la recolonisation de l’enclave palestinienne de Gaza, à la faveur d’une guerre qu’ils vivent comme le fruit de la volonté divine.

Lors de la conférence appelant à la réinstallation des colonies juives à Gaza, à Jerusalem, le 28 janvier 2024.

Des portraits de fondateurs laïques de l’Etat juif sont suspendus dans le hall, censés rappeler qu’il n’y a pas de différence entre les kibboutz socialistes des origines et les colonies qui se créent encore en Cisjordanie occupée, discrètement, à la faveur de la guerre. De jeunes filles distribuent des vues en trois dimensions des futures potentielles implantations à Gaza, sous une immense carte de l’enclave. Y figurent les anciennes colonies du Goush Katif, qui comptaient, jusqu’à leur évacuation en 2005, 5 600 habitants, et une nouvelle, que les organisateurs imaginent en lieu et place de la ville de Gaza, métropole palestinienne d’un million d’habitants, aujourd’hui largement détruite.

Cette réunion est l’œuvre d’un chef de collectivités locales en Cisjordanie occupée, Yossi Dagan, et de l’organisation Nahala de Daniella Weiss, pasionaria des colons, dont le « Bloc de la foi » bâtit les premières implantations après la guerre du Kippour de 1973. Cette dernière assure que « les Palestiniens ont perdu le droit de vivre à Gaza » le 7 octobre, et souhaite un nettoyage ethnique de l’enclave.

Carte des quartiers et projets immobiliers présentés sur un stand de la conférence appelant à la réinstallation des colonies juives à Gaza, au centre de conférence international de Jérusalem, le 28 janvier 2024. Carte des quartiers et projets immobiliers présentés sur un stand de la conférence appelant à la réinstallation des colonies juives à Gaza, au centre de conférence international de Jérusalem, le 28 janvier 2024.

Mme Weiss s’active dans le hall auprès d’un fils du rabbin Levinger, feu son maître à penser. Elle salue Avi Farhan, ancien paysan à Gaza, au visage buriné de soleil, qui incarna la peine des colons évacués en 2005, sur les plateaux de télévision. Uzi Sharbag, le premier orateur, sur scène, fut membre dans les années 1980 de la Résistance juive, qui planifiait la destruction du Dôme du rocher sur l’esplanade des mosquées, à Jérusalem.

Influence des fondamentalistes

Cette soirée témoigne de l’influence de ces fondamentalistes au sein de la droite au pouvoir. En tout, 11 ministres et 15 parlementaires sont présents, dont la plupart des représentants de l’extrême droite religieuse au gouvernement, et sept ministres et élus du Likoud de Benyamin Nétanyahou, parti déboussolé, qui assume sa porosité à l’idéologie suprémaciste. Plusieurs ont affirmé la nécessité d’un « transfert » des Palestiniens hors de Gaza, sous la contrainte.

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