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Histoires Web samedi, mai 18
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A la gare de Massy-Palaiseau (Essonne), au pied de la passerelle qui voit passer quelque 40 000 voyageurs par jour dans les RER, les trains, ou les bus, Peggy Prunier et Christelle Brigot reçoivent les clients plus tranquillement qu’elles ne l’étaient il y a encore quelques semaines derrière leur guichet « Services ».  C’était avant qu’elles ne rejoignent les 180 volontaires de la semaine de quatre jours.

La RATP a en effet amorcé, le 28 janvier, la première phase d’une vaste expérimentation de nouveaux rythmes de travail pour améliorer l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle de ses agents, et renforcer l’attractivité des métiers. Le RER B et les lignes de métro 5, 7 et 9 se sont associés à l’opération lancée dans trois directions : les services, la maintenance et les ressources humaines.

La semaine « de » ou « en » quatre jours se diffuse doucement dans les entreprises en France. Malgré les retours d’expérience positifs des Etats-Unis et du Royaume-Uni, où les employeurs ont constaté en moyenne une hausse de 15 % de leurs chiffres d’affaires après ce changement d’organisation, seules 5 % des entreprises françaises avaient adopté la semaine de quatre jours, fin 2023, selon l’Association pour l’emploi des cadres (APEC). Ces pionniers, principalement des PME, ont majoritairement fait le choix d’une hausse de l’amplitude horaire du travail sur quatre jours, suivis d’un week-end de trois jours.

« Je suis moins fatiguée »

L’originalité de l’expérience RATP est de redéfinir le calendrier pour mettre en place la semaine de quatre jours à durée de travail inchangée : quatre jours travaillés, suivis d’un classique « week-end » de deux jours (pas forcément le samedi et le dimanche), et l’on recommence sur un cycle de sept semaines dont quatorze jours de repos. Seuls les contrôleurs et les manageurs travaillent vingt minutes de plus par jour, compensées par un repos supplémentaire par cycle.

« Pour les agents postés, la direction s’est attachée à ne pas augmenter leur durée de travail journalière », explique Mireille Majerczyk, responsable de la direction opérationnelle des services et espaces multimodaux (SEM). Des études techniques ont été réalisées à l’été 2023 pour concevoir ces nouveaux roulements. Puis des échanges ont été menés avec les représentants du personnel, qui se sont poursuivis jusqu’en décembre 2023 pour aboutir à un accord, signé le 21 février, pour trois ans, par les syndicats (FO, CFE-CGC et UNSA), mais pas par la CGT. « Notre revendication, c’est la semaine de quatre jours à 32 heures. Et cet accord plus général sur la qualité de vie et les conditions de travail contenait d’autres dispositions sur la déconnexion ou l’exposition à la pollution dans le métro qui ne nous convenaient pas », justifie Bertrand Hammache, le secrétaire général CGT-RATP.

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