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Histoires Web mercredi, avril 24
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« Quand on est pauvre, on cherche le moyen de s’en sortir », avait pour habitude de répondre simplement Zong Qinghou, quand la presse lui demandait comment, parti de rien, il était devenu un magnat de l’industrie des boissons, une figure des années de forte croissance mais aussi du nationalisme économique, et la première fortune de Chine. Le fondateur du groupe Wahaha (qui signifie « gamin qui rigole » en chinois) est mort le 25 février, à Suqian (province de Jiangsu). Son ascension reste le modèle d’une époque où tout semblait encore possible en Chine, tandis que la bataille qu’il a mené contre Danone demeure, en Occident, un cas d’école de la difficulté à faire des affaires sur ce marché.

Né dans l’est de la Chine en 1945, alors que son pays était encore en guerre, M. Zong était issu d’un milieu particulièrement démuni qui, pour n’avoir pas soutenu les forces communistes de Mao Zedong, allait être encore plus défavorisé une fois celles-ci arrivées au pouvoir en 1949. Pour venir en aide à sa famille, il abandonne l’école au collège et commence à travailler. Au milieu des années 1960, le Grand Timonier décrète l’envoi de la jeunesse aux champs et dans l’industrie. M. Zong part travailler pour une usine de sel sur l’île de Zhoushan.

Il passera quinze années à ce labeur, avant de rentrer en 1979 à Hangzhou, capitale de province, quand sa mère, une ancienne maîtresse d’école arrivée à l’âge de la retraite, a besoin de lui. Le pays, désormais dirigé par Deng Xiaoping, après les années de folie maoïste, est à la veille de réformes économiques qui vont changer le cours de l’histoire.

L’eau en bouteille, un marché-clé

Sans diplôme, M. Zong ne trouve qu’un boulot de démarcheur et vendeur ambulant pour ces nouveaux produits de consommation que découvre la Chine. Il vend notamment des boissons produites par une entreprise locale, qui tient également une boutique attenante à une école. Zong Qinghou, avec l’aide de deux enseignants à la retraite, reprend en 1987 ce petit commerce qui fournit boissons et glaces aux enfants. Or, il constate que les parents s’inquiètent, à cette époque, de la faiblesse nutritionnelle des aliments donnés aux enfants dans un pays encore pauvre.

L’homme est déjà quadragénaire quand son affaire décolle : en 1989, il développe une boisson dont il vante les bienfaits nutritionnels et lance sa marque. Il obtient un prêt lui permettant de racheter une usine d’Etat de produits en conserve. Ses 2 000 employés sont d’abord sceptiques à l’arrivée de ce capitaliste, mais les profits tombent.

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