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C’est dans un silence de mort que le député de Paris Gilles Le Gendre prend la parole ce mardi 16 janvier, dans le huis clos de la réunion hebdomadaire des députés Renaissance, six jours après l’annonce-choc du gouvernement. Ce soldat de la première heure, qui conteste la droitisation du quinquennat et a voté contre le projet de loi relatif à l’immigration, voit dans ce remaniement « l’ultime manifestation d’une dérive » : « Le président rompt avec lui-même en envoyant valser les valeurs et les bâtisseurs historiques de ce projet qui nous avait tant enthousiasmés en 2017. »

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« Nous nous sommes engagés pour reconstruire une démocratie de la conviction, nous voilà devenus les zélateurs d’une démocratie d’opinion », poursuit l’élu, selon lequel installer un duel entre Jordan Bardella et Gabriel Attal, en vue des européennes de juin, « c’est faire un formidable cadeau au RN [Rassemblement national] dans son entreprise de crédibilisation », au moment où la majorité ouvre « une voie d’eau massive sur son flanc gauche », dont pourrait profiter la tête de liste soutenue par le Parti socialiste, Raphaël Glucksmann. Il conclut : « Si Gabriel Attal demande la confiance [il ne l’a finalement pas fait] et si je me résous à la voter, ce sera par discipline, certainement pas par adhésion. »

Gilles Le Gendre n’est pas le seul à douter. Le vote de la loi sur l’immigration, écrite sous la dictée de la droite et adoubée par l’extrême droite, suivi de la nomination d’un gouvernement dominé par des personnalités sarkozystes, puis d’une grande conférence de presse à l’Elysée au cours de laquelle M. Macron a multiplié les clins d’œil à la droite conservatrice, a provoqué une déflagration parmi les soutiens historiques du président, majoritairement issus de la gauche.

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François Bayrou, à qui M. Macron doit en partie sa victoire en 2017, s’est enfermé dans un silence assourdissant depuis sa dernière intervention, le 7 janvier, au cours de laquelle il avait plaidé pour la nomination de Julien Denormandie à Matignon. Las. Le président du MoDem, attaché à la survie du centre, est furieux contre un remaniement qui déplace le centre de gravité du macronisme vers la droite. Et même si des élus du MoDem seront repêchés lors de la deuxième vague de nominations attendue, il estime que ce gouvernement n’est pas rééquilibrable.

Le maire de Pau juge en outre que l’orientation du quinquennat est mal définie et manque de substance. Alors que se profile le congrès du MoDem, en mars, il a l’intention d’étoffer une offre politique dans la perspective de la présidentielle de 2027, pour laquelle, répète-t-il à tous ses interlocuteurs, il ne s’interdit rien. Il s’exprimera publiquement après le 5 février, date à laquelle son sort judiciaire, dans l’affaire des emplois présumés fictifs du MoDem, sera scellé.

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