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Comment en est-on arrivé là ? D’une question qui n’apparaissait plus ou presque dans les principales préoccupations des Français il y a à peine plus de deux ans, l’immigration semble être redevenue l’alpha et l’oméga de la politique française. Elle a pris une telle importance pour le gouvernement et les parlementaires qu’ils ont fait adopter, en décembre 2023, dans un chaos législatif inédit, un texte fortement remanié et durci par l’opposition la plus réactionnaire, dont de nombreux points sont attentatoires aux droits et aux libertés des personnes exilées.

Pourtant, comme le remarquait la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) dans son dernier rapport annuel, les études montrent une montée de la « tolérance à l’égard des migrants ». L’institution note cependant, et paradoxalement, le « franchissement d’un seuil dans la façon dont les thématiques racistes, antisémites et xénophobes s’expriment dans le débat politique et médiatique » : des faits divers sont montés en épingle et détournés par des chaînes d’information en continu, qui enchaînent les plateaux polémiques, les prises de position d’éditorialistes se radicalisent, les groupuscules violents et racistes désinforment et intimident les élus favorables à l’implantation de migrants dans leur commune.

Le sentiment antimigrants est de plus en plus diffusé en France et, loin d’apaiser les tensions, les tweets du ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, qui affichent quotidiennement son « score » de personnes migrantes expulsées de France sur X, accentuent encore cette impression. D’autant que le ministre a clairement affiché sa volonté de s’opposer aux décisions de la Cour européenne des droits de l’homme sur certains de ces dossiers.

Une vision guidée que par une optique sécuritaire

En quelques mois, les personnes exilées ont fait les frais de ces amalgames : elles n’apparaissent plus que comme une menace dont il faudrait se prémunir.

C’est clairement la philosophie générale qui émane de l’ensemble des points de cette loi inique dont la vision n’est guidée que par une optique sécuritaire. Il n’est plus question de « l’humanité et de la fermeté » initialement annoncées par le président Macron, mais bel et bien d’un texte de repli sur soi à tous les niveaux.

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Tant et si bien que, de façon totalement incongrue, nous avons pu entendre des représentants de l’exécutif, au plus haut niveau, reconnaître eux-mêmes que certaines dispositions de la loi n’étaient probablement pas conformes à la Constitution – et espérer qu’elles seront censurées par le Conseil constitutionnel. Cette situation pourrait presque prêter à sourire, s’il ne s’agissait, en toile de fond, de la vie quotidienne de centaines de milliers de personnes, qui seront directement ou indirectement concernées par ce durcissement législatif.

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