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L’affaire menaçait de déstabiliser le pouvoir économique et politique de la Corse. Elle a, en fait, accouché d’une souris. Le 18 janvier 2017, le Parquet national financier (PNF), à Paris, lançait une enquête sur les cessions jugées suspectes, en 2015 et 2016, de la Société nationale maritime Corse-Méditerranée (SNCM), principale compagnie maritime insulaire. Le 29 juin 2021, cinq mois après l’ouverture d’une information judiciaire, une vague de perquisitions visait les sièges de Corsica Linea (ex-SNCM), l’Office des transports de Corse et les domiciles de piliers de l’économie insulaire, Pascal Trojani et François Padrona. Ces deux derniers étaient placés sous le statut de témoin assisté. Le père de M. Trojani, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Haute-Corse, était mis en examen pour « prise illégale d’intérêt ».

Au terme d’une longue procédure, le juge d’instruction parisien, Vincent Lemonier, a rendu, le 10 mars 2023, une ordonnance de non-lieu général, conforme aux réquisitions du parquet. Une décision qui a eu peu d’écho et a été frappée d’appel par les avocats de l’entrepreneur corse, Patrick Rocca, dont la plainte, le 6 novembre 2020, pour « extorsion de signature » avait été jointe à l’enquête. Attributaire, le 20 novembre 2015, de la SNCM, par le tribunal de commerce de Marseille, M. Rocca avait, en effet, dû céder la société, peu de temps après, le 23 mars 2016, à un consortium d’acteurs économiques de l’île.

Cette revente rapide faisait suite à d’intenses pressions économiques exercées par le consortium sur la SNCM, mettant en péril sa survie. Les principaux membres du consortium, dont l’offre de rachat de la compagnie avait été écartée au profit de celle de M. Rocca par l’instance consulaire marseillaise, avaient multiplié les manœuvres déstabilisation. Ils avaient, notamment, ouvert une liaison maritime de fret concurrente entre Bastia et Marseille, tiré profit des grèves bloquant à quai les navires de la SNCM et cessé d’utiliser cette compagnie pour transporter leur fret entre la Corse et le continent. Privé de recettes et menacé de faillite, M. Rocca avait dû entamer des négociations avec le consortium et finit par lui céder ses parts et son poste de président.

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En outre, Patrick Rocca et ses avocats soulignaient le rôle trouble joué dans ce dossier par les pouvoirs politiques régionaux et nationaux, ces derniers suivant toujours de près la gestion du transport maritime corse dont dépend l’approvisionnement de l’île.

La question de la « contrainte »

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