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Un chargement particulier est entré dans Gaza mercredi soir 17 janvier, avec cinq camions d’aide humanitaire : des médicaments pour 45 des 132 otages encore prisonniers du Hamas. Le chemin des négociations qui l’ont permis a été long. Il a commencé en Israël, puis est passé par la France et le Qatar, pour aboutir à l’enclave ravagée par la guerre entre Israël et l’organisation islamiste.

Tout a débuté avec David Sprecher, un avocat spécialisé en droit aérien inscrit aux barreaux de Bruxelles et d’Israël. Il est membre du Forum des familles de disparus et otages, une organisation israélienne non gouvernementale qui coordonne la mobilisation autour des quelque 250 personnes kidnappées lors de l’attaque du Hamas, le 7 octobre 2023. Après le massacre qui a causé la mort d’environ 1 140 personnes, ce francophone est nommé responsable des activités du forum en France, en Belgique, au Luxembourg et auprès de l’Union européenne. Il emmène en Europe, au mois d’octobre 2023, trois familles de disparus, dont le neveu d’une otage israélienne qui souffrait d’une pathologie au cerveau. « Je m’impose alors une mission : fournir des médicaments aux otages », confie David Sprecher.

L’avocat explique avoir été mis en relation avec Emmanuel Macron, qui l’oriente vers le centre de crise et de soutien du ministère des affaires étrangères, piloté par Philippe Lalliot. Une première liste de médicaments établie par le docteur Hagai Levine, du Forum des otages, est reprise par le centre de crise. Quatre-vingt-cinq captifs sont sélectionnés avant la première trêve – du 23 novembre au 1er décembre 2023 –, qui permet la libération de 105 otages ; la liste est ensuite ramenée à 45 personnes. Les médicaments sont achetés, rassemblés et conditionnés en France. Pour David Sprecher, il fallait que les traitements soient fournis par les Français, et non les Israéliens, pour ne pas éveiller la méfiance du Hamas. Puis le colis est envoyé au Qatar samedi par la valise diplomatique.

Car, parallèlement, Doha est entré en contact avec l’organisation islamiste. Celle-ci monnaie l’acheminement de l’aide aux otages contre une assistance plus importante pour les Palestiniens de l’enclave, qui sont tués par les bombardements israéliens à un rythme inédit au XXIe siècle – près 25 000 victimes, dont une majorité de femmes et d’enfants, en à peine plus de cent jours. Moussa Abou Marzouk, le représentant des affaires étrangères du Hamas, a déclaré sur le réseau social X que pour une boîte de médicaments donnée aux otages, mille iraient aux Palestiniens.

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