
Les pays du Golfe sont friands de sports mécaniques. Dans le cadre de la stratégie de diversification et de soft power offensif qu’ils ont adoptée, les Emirats arabes unis, le Qatar, Bahreïn et l’Arabie saoudite ont ainsi incorporé l’organisation de Grands Prix de formule 1 (F1). Objectif : faire de la région un point de passage incontournable du circuit mondial.
Cependant, en raison de l’offensive militaire israélo-américaine lancée samedi 28 février contre l’Iran, les Grands Prix prévus pour cette saison 2026 sur la piste de Sakhir (Bahreïn), le 12 avril, et à Djedda (Arabie saoudite), le 19 avril, ont été annulés, a annoncé, samedi 14 mars en soirée, la Fédération internationale de l’automobile (FIA).
« On a confirmé aujourd’hui qu’après de minutieuses évaluations, en raison de la situation en cours au Moyen-Orient, les Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite n’auront pas lieu en avril », a écrit dans un communiqué l’organisation mondiale qui chapeaute les disciplines du sport automobile, dont la très prospère F1.
« La FIA fera toujours passer en priorité la sécurité et le bien-être de notre milieu » professionnel, a assuré le président de l’organisation, Mohammed Ben Sulayem, cité dans le communiqué. Le dirigeant a dit « espérer le calme, la sécurité et un retour rapide de la stabilité dans la région ».
Alors que la guerre fait rage au Moyen-Orient, des explosions ont touché, jeudi 12 mars, un réservoir d’hydrocarbures à Bahreïn, ainsi qu’un immense champ pétrolifère en Arabie saoudite.
Les deux évènements sportifs, économiques et médiatiques dans ces deux riches pays arabes du Golfe ne seront pas « remplacés » par d’autres Grands Prix, notamment en Europe, a précisé la FIA.
Cinq semaines d’interruption
La F1 est le deuxième sport automobile à voir son calendrier chamboulé par le contexte au Moyen-Orient. Au début du mois de mars, la FIA avait déjà annoncé l’ajournement de la première manche du Championnat du monde d’endurance, qui devait se tenir du jeudi 26 au samedi 28 mars, au Qatar. Les organisateurs de l’épreuve ont, par la suite, fixé la nouvelle date à la fin d’octobre, espérant que, d’ici là, la situation internationale sera apaisée.
A moins d’un mois du Grand Prix de F1 de Bahreïn, dont le circuit se trouve à seulement 30 kilomètres d’une base américaine ayant déjà été la cible d’attaques iraniennes depuis le début du conflit, l’incertitude qui prévaut dans la région était trop grande pour envisager de maintenir les deux étapes.
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En effet, semaine après semaine, il faut assurer le transport des monoplaces et des pilotes, mais aussi d’une énorme masse de fret. Une partie de cet équipement est déjà bloquée dans le pays du Golfe – qui avait accueilli les ultimes essais libres, en février –, n’ayant pas pu être déplacée du fait de la fermeture de l’espace aérien. Au-delà de l’aspect sécuritaire, les équipes n’ont guère envie d’y expédier plus de matériel, qui risquerait ensuite de devenir impossible à récupérer.
Interrogé, samedi, en conférence de presse, l’Italien Kimi Antonelli, pilote chez Mercedes – et devenu le plus jeune « poleman » de l’histoire de la F1, après avoir signé la première position sur la grille de départ du Grand Prix de Chine – a reconnu que la situation n’était « pas bonne ». Pour autant, il s’est dit confiant dans le fait que « la F1 et la FIA fassent ce qu’il faut ».
Même si des rumeurs de relocalisation des épreuves ont agité le paddock, il est difficile pour la F1 de trouver des circuits disponibles dans des délais aussi courts et d’assurer la logistique afférente. Amputé de ses étapes bahreïnie et saoudienne, le championnat du monde 2026 comptera donc 22 épreuves, avec cinq semaines d’intervalle entre la troisième manche au Japon (le 29 mars) et celle qui deviendrait la quatrième, le 3 mai, à Miami (Floride, Etats-Unis).
Cette période devrait être mise à profit par toutes les équipes. Celles-ci, en effet, cherchent à se familiariser avec le règlement instauré cette saison, qui a rebattu les cartes en F1, pour apporter des améliorations à leurs monoplaces.




