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La COP28 a remis la question de la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) au centre des préoccupations mondiales. A cette occasion, la forêt est de nouveau apparue comme une pièce maîtresse pour absorber une partie de nos émissions résiduelles. Les pays comptent en effet sur les écosystèmes forestiers, deuxième plus grand puits de carbone de la planète après les océans, pour jouer le rôle de levier dans la lutte contre les émissions de GES.

Mais de récentes données sur le territoire français invitent à la prudence : l’inventaire du Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa) et l’inventaire forestier de l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) font état d’une chute du puits forestier, certaines forêts étant même devenues localement émettrices nettes de CO2. Cela n’a rien d’anodin, car les forêts compensent environ 7 % de nos émissions de GES, 2 % supplémentaires si l’on considère les sols forestiers. Alors pourquoi cette évolution récente et quelles sont les perspectives ?

Grâce à la photosynthèse, les arbres absorbent le carbone de l’atmosphère et le stockent dans le bois, matériau durable et renouvelable. Ce bois représente donc un stock de carbone. L’inventaire forestier national dénombre 11,3 milliards d’arbres en 2023 sur les 17,3 millions d’hectares de forêt que compte la France métropolitaine, soit un stock de 1,3 milliard de tonnes de carbone.

L’évolution sans précédent de la forêt au XXᵉ siècle

A l’échelle d’un territoire composé de plusieurs forêts, les stocks de carbone évoluent continuellement, sous l’effet de différents flux. On peut principalement citer la croissance des arbres, la mortalité ou encore l’export de bois, qui peut néanmoins constituer un nouveau stock de carbone en dehors de la forêt (meubles, charpentes, etc.). Le boisement de nouvelles terres ou a contrario le défrichement de forêts existantes modifie la surface sur laquelle ces flux se réalisent.

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Lorsque le stock de carbone augmente à l’échelle d’un massif forestier, c’est-à-dire quand le bilan de ces flux est positif au cours d’une année, on dit que la forêt est un « puits de carbone ». A l’inverse, dans les cas où le bilan est négatif, alors le stock baisse et la forêt est une « source de carbone ». Le puits de carbone de la forêt française s’est établi à 43 millions de tonnes de CO2 par an en moyenne sur la période 2013-2021. Mais il a diminué de moitié en une décennie. Alors que se passe-t-il ?

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