Les jardins, ces souffles de fraîcheur dans la folie du monde. Depuis la création du jardin d’Eden, bien de l’eau a coulé sur ces paradis terrestres, qui ont fleuri dès l’Antiquité en Asie et en Europe. Comme si la devise qui deviendra chère à Voltaire : « Il faut cultiver notre jardin », n’avait pas attendu le philosophe des Lumières pour essaimer en autant de lieux de rêve.
Paris, janvier 1626. Louis, roi de France et de Navarre, prend sa plus belle plume d’oie, et la trempe d’une encre à base de noix de galle, de sulfate de fer et de gomme arabique. Une encre faite pour durer, comme la portée de l’acte qu’il s’apprête à signer. « Nous avons, de notre grâce spéciale, pleine puissance et autorité royale, statué et ordonné (…) qu’il soit construit et établi un Jardin royal en l’un des faubourgs de notre ville de Paris », est-il écrit. Cela, « pour y planter toutes sortes d’herbes et plantes médicinales, afin de servir à ceux qui en auront besoin, et spécialement à l’instruction des écoliers de ladite université de médecine ».
Quatre cents ans plus tard, le Jardin des plantes de Paris, agrandi et enrichi, est désormais partie intégrante du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN). En ces premiers jours de printemps, il fête cet anniversaire par une profusion de fleurs sur sa grande perspective. L’heure idéale pour revenir sur l’aventure des jardins botaniques d’Europe.

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