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Mardi 16 janvier, depuis le palais de l’Elysée et dans une mise en scène très gaullienne, Emmanuel Macron a beaucoup parlé à la droite lors de son « rendez-vous à la nation ». A son électorat du moins. « Je suis un enfant “des deux écoles”, comme disent les grands auteurs », a déclaré le président de la République. Un clin d’œil appuyé à une chanson de Michel Sardou, dont les textes ont toujours résonné à droite. Il n’a en revanche jamais mentionné Les Républicains (LR), cet allié encombrant avec lequel sa majorité relative doit composer.

Pour LR, le chef de l’Etat a utilisé des mots de droite dans sa conférence de presse. « Emmanuel Macron sait qu’après les émeutes, devant la crise migratoire ou face à la fin de l’argent magique, le moment est à droite, assure Bruno Retailleau, patron des sénateurs LR. Et c’est tout le problème : le président fait une politique de l’instant. »

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Et l’instant est au « réarmement civique » avec son cortège d’annonces : instauration progressive de l’uniforme à l’école, apprentissage de La Marseillaise par les élèves de primaire, cérémonie de remise du diplôme au collège. « Derrière tout cela, j’ai surtout entendu des symboles adressés à la droite, remarque Othman Nasrou, secrétaire général adjoint de LR. Le président n’est désormais plus que dans l’incantation. A nous de démasquer ses effets de manche. »

Agenda parlementaire « vide »

Encore faut-il trouver comment. En privé, certains cadres LR admettent que la séquence ne s’annonce pas comme la plus évidente. Pas facile de se démarquer quand le président de la République chasse sur les terrains de la droite. Comme d’autres, Ian Boucard (député du Territoire de Belfort) cherche bien une fenêtre de tir : « La difficulté c’est que l’agenda parlementaire est quasiment vide, nous n’avons pas grand-chose à se mettre sous la dent pour nous démarquer. »

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Difficile aussi de s’opposer à des mesures que les Républicains soutiennent depuis des années. « A part à l’extrême gauche, personne ne s’oppose à l’apprentissage de La Marseillaise à l’école, concède l’eurodéputé et ancien ministre de l’intérieur, Brice Hortefeux. La droite a gagné la bataille idéologique et Emmanuel Macron l’a bien noté. » C’est autre chose dans les urnes, où LR voit les défaites se succéder et tente d’exister entre la Macronie et un Rassemblement national érigé en adversaire unique mardi soir.

Sonnés par le débauchage de Rachida Dati comme ministre de la culture, Les Républicains veulent prolonger la séquence immigration, seule éclaircie dans leur ciel grisâtre de 2023 avec le vote de la loi en décembre sur la base d’un texte issu du Sénat, à majorité de droite. « Emmanuel Macron a quand même expliqué qu’il comptait sur le Conseil constitutionnel pour rectifier ce texte, fait remarquer Othman Nasrou. En réalité, il n’est pas sorti du “en même temps” et de ses contradictions. »

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