A l’île Longue, dans le Finistère, le choix des mots et des noms ne doit jamais rien au hasard. Le Triomphant, Le Téméraire, Le Vigilant et Le Terrible : les quatre sous-marins qui constituent la composante océanique de la dissuasion nucléaire française ont tous été mis à l’eau à l’ère des « dividendes de la paix ». Il en sera tout autrement pour leurs successeurs, dont le premier doit être achevé en 2036. Baptisé L’Invincible, lundi 2 mars, en ouverture du discours d’Emmanuel Macron sur l’évolution de la doctrine nucléaire française, il affrontera de toutes autres menaces.

Une « parenthèse de l’histoire » s’est refermée, a acté le président de la République, anticipant une multiplication des conflits, et l’entrée dans un nouvel « âge d’armes nucléaires ». L’architecture mondiale de maîtrise des armes nucléaires est tellement affaiblie qu’elle s’apparente à un « champ de ruines », a-t-il asséné, rappelant que plusieurs traités internationaux sont désormais inopérants ou menacés.

Dans un discours de 50 minutes, aux phrases ciselées, le chef de l’Etat a mis l’accent sur la coopération et la solidarité avec les Européens, en présentant un nouveau concept de « dissuasion avancée ». L’idée : mettre en place dès cette année une coopération avec sept pays de l’Union européenne et le Royaume-Uni, avec la possibilité pour les partenaires de se joindre aux exercices militaires de la dissuasion, ou de participer aux opérations dans leur dimension conventionnelle.

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Inflexion majeure, Emmanuel Macron a signalé que « des éléments des forces stratégiques » pourraient aussi être déployés dans les pays alliés. « De la même façon que nos sous-marins stratégiques se diluent naturellement dans les océans, garantissant une capacité permanente de frappes, nos forces aériennes stratégiques pourront ainsi se disséminer dans la profondeur du continent européen », a-t-il détaillé, en soulignant que « cette dispersion sur le territoire européen (…) compliquera le calcul de nos adversaires ».

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