
Jean-Marc Laurent est un « papa Dépakine ». Pendant des années, il a pris ce traitement antiépileptique du laboratoire Sanofi. Depuis longtemps, il vit avec cette « culpabilité quotidienne » : « Ma fille est malade à cause de moi. » Margot, 17 ans, souffre de nombreux troubles neurodéveloppementaux très handicapants liés au médicament de son père. A 61 ans, Jean-Marc Laurent veut désormais que « la culpabilité change de camp ».
Il a déposé plainte contre X le 13 février devant le tribunal judiciaire de Paris pour « tromperie aggravée », « mise en danger d’autrui », « administration de substance nuisible », « blessures involontaires » et « non-signalement d’effet indésirable ».
M. Laurent est le premier « papa Dépakine » à saisir la justice. « C’est le début d’une vague, déclare Charles Joseph-Oudin, l’avocat historique des victimes de ce médicament. Une vingtaine d’autres dossiers sont en cours de constitution. Il est désormais acquis que les enfants nés de pères sous Dépakine peuvent présenter les mêmes troubles que les enfants exposés in utero. »
A la différence des enfants de mères traitées à la Dépakine pendant leur grossesse, les enfants de pères sous traitement au moment de la conception ne sont pas reconnus comme des victimes de la Dépakine et leurs familles n’ont pas accès au fonds d’indemnisation mis en place par l’Etat et géré par l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux (Oniam).
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