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En 2025, il se peut que les Etats-Unis quittent l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Ce scénario se réalisera si plusieurs conditions sont réunies : il faudra que Donald Trump remporte les primaires républicaines de 2024, ce qui est très probable, puis l’élection présidentielle de novembre cette même année, ce qui est possible, qu’il mette ensuite à exécution sa menace de se retirer de l’OTAN, chose également probable, et qu’il parvienne, enfin, à surmonter l’obstacle juridique d’une interdiction du Congrès, une éventualité qui ne peut être exclue.

L’Europe peut encore raisonnablement espérer que les Etats-Unis resteront au sein de l’OTAN, même avec un nouveau gouvernement Trump, mais elle serait bien avisée de ne pas fonder sa sécurité sur ce simple espoir.

Comme le rappellent plusieurs membres haut placés de sa première administration, Donald Trump avait l’intention de quitter l’OTAN dès son premier mandat (2017-2021), mais il en a été empêché par les « garde-fous » de son équipe, notamment son secrétaire à la défense d’alors, James Mattis, et son chef d’état-major des armées, Mark Milley. Aujourd’hui, nombre d’éléments indiquent que, lors d’un éventuel nouveau mandat, Trump se montrerait bien plus radical et qu’il n’y aurait plus ces garde-fous pour brider ses instincts extrêmes. En d’autres termes, l’impensable peut se produire. Les Etats-Unis peuvent quitter l’OTAN.

Lire aussi la tribune | Article réservé à nos abonnés « Le futur de l’OTAN ne peut être pensé sans que les Européens n’y jouent un rôle de premier plan »

Les Européens et les Canadiens doivent se préparer à venir à la rescousse de l’Alliance atlantique pour empêcher les nations hostiles, au premier rang desquelles la Russie, de profiter du chaos que ne manquerait pas de semer pareil événement. Ce ne sera pas chose facile, et c’est peu dire. Rien ne peut véritablement remplacer le leadership des Américains et leur rôle de gardiens dans la sécurité transatlantique : depuis toujours, et plus encore depuis 2008, ils occupent au sein de l’OTAN une place bien plus centrale que les Européens.

Déséquilibre

Dans un article consacré à l’impact de la guerre en Ukraine sur les relations transatlantiques publié par le Conseil européen pour les relations internationales, les chercheurs Jana Puglierin et Jeremy Shapiro déplorent le net déséquilibre des investissements dans la défense des deux côtés de l’Atlantique. « Entre 2008 et 2021, les dépenses militaires des Etats-Unis ont marqué un bond pour passer de 656 milliards à 801 milliards de dollars [de 579 milliards à 707 milliards d’euros]. Au cours de cette même période, les dépenses militaires de l’Europe des Vingt-Sept et du Royaume-Uni n’ont en revanche que faiblement progressé, passant de 303 milliards à seulement 325 milliards de dollars. »

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