Meilleures Actions
Histoires Web mercredi, avril 24
Bulletin

Les interprétations parfois fantaisistes suscitées par les propos du président de la République en marge de la conférence de Paris, le 26 février, sur les voies d’un soutien renforcé à l’Ukraine, ont occulté le nécessaire débat ouvert par Emmanuel Macron. Au-delà des polémiques sur la méthode et les mots choisis, le moment présent impose de penser la suite du conflit. Les parallèles historiques – les « somnambules » de 1914 [ils n’ont pas vu arriver la première guerre mondiale], les « Munichois » de 1938 [ils n’ont pas vu arriver la seconde], la « peur nucléaire » de 1962 [ceux qui n’ont pas cru à la montée des périls avant la crise des missiles de Cuba] – sont des outils imparfaits, où chacun tend à projeter sa vision du monde et sa lecture du conflit.

Si la conférence de Paris a été un vrai succès pour faire avancer différents dossiers concrets sur les livraisons d’armes et de munitions, le financement de l’effort des Européens et le soutien logistique, elle a également été le révélateur de différences d’opinion sur les mesures à prendre pour prévenir une victoire de la Russie de Vladimir Poutine en Ukraine. Deux années après le déclenchement de la plus grande guerre que l’Europe ait connue depuis 1945, les Européens doivent formuler une stratégie et adresser les bons messages à différentes audiences : les Ukrainiens, les Européens, les Américains et les Russes.

Il s’agit d’abord de rassurer des Ukrainiens engagés dans une guerre d’attrition d’une violence extrême sollicitant les ressources militaires, économiques et humaines du pays et confrontés au déclin du soutien américain. Dans ce contexte, les Européens doivent continuer à mettre leurs paroles en accord avec leurs actes et cesser de prendre les bonnes décisions avec six mois de retard.

Grammaire de la force

Après avoir confirmé le soutien économique et financier de l’Union européenne en janvier, la mobilisation pour l’assistance militaire doit résoudre les défis immédiats (munitions et défenses sol-air) et s’accélérer pour éviter que les prochains mois ne voient l’Ukraine perdre davantage de terrain faute de munitions. Il s’agit pour les Européens de tout faire pour inverser l’équation de la patience stratégique selon laquelle le temps joue en faveur de Poutine, et de donner aux Ukrainiens, qui font preuve d’un courage exemplaire, les moyens de choisir le moment et les termes d’une fin du conflit.

Après trois décennies de dividendes de la paix, les Européens recommencent progressivement à parler comme un acteur stratégique et réapprennent – non sans difficulté – la grammaire des rapports de force. Le débat ouvert par Emmanuel Macron rappelle ainsi aux dirigeants et aux opinions publiques l’importance et la gravité de la situation : ce qui se joue en Ukraine est essentiel pour la sécurité européenne.

Il vous reste 59.03% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Share.
© 2024 Mahalsa France. Tous droits réservés.