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Dans un pays pétri de moralisme protestant, les décisions des juges ont l’avantage d’être lisibles par tous. Ainsi en est-il de la décision du juge fédéral du Massachusetts, William Young, qui a interdit, mardi 16 janvier, la fusion de la compagnie aérienne ultra low-cost Spirit avec JetBlue, elle aussi low cost mais un peu plus chère.

« L’élimination de Spirit nuirait aux voyageurs sensibles aux coûts et qui dépendent des bas tarifs », écrit le juge, qui a suivi les demandes de l’administration Biden : « Tout au long du procès, le gouvernement a invoqué l’expérience du client moyen de Spirit : une étudiante de Boston espérant rendre visite à ses parents à San Juan, à Porto Rico ; une grande famille de Boston planifiant des vacances à Miami et qui ne peut se permettre le voyage qu’aux prix de Spirit. C’est à cette grande catégorie de consommateurs, ceux qui doivent compter sur Spirit, que cette fusion nuirait. »

L’administration Biden s’en est réjouie : « La décision d’aujourd’hui est une victoire pour des dizaines de millions de voyageurs qui auraient été confrontés à des tarifs plus élevés et à moins de choix si le projet de fusion entre JetBlue et Spirit avait été autorisé à aller de l’avant, a indiqué le procureur général, Merrick B. Garland. Le ministère de la justice continuera à appliquer vigoureusement les lois antitrust du pays pour protéger les consommateurs américains. »

Spirit dévisse en bourse

Certes, sauf qu’aucun acte n’est complètement moral : une fois la décision connue, l’action Spirit a dévissé en Bourse de 48 %, mercredi, tandis qu’elle poursuivait sa descente aux enfers avec un nouveau recul de 24 % jeudi dans la matinée. L’entreprise ne vaut plus que 870 millions de dollars (800 millions d’euros). Diagnostic de Wall Street et de nombreux analystes, Spirit n’a pas d’avenir et va tout simplement faire faillite.

C’est en tout cas le scénario de l’analyste de TD Cowen, Helane Becker : « Nous reconnaissons que cela semble alarmiste et dur, mais la réalité est que nous pensons que les scénarios sont limités. A court terme, nous pensons que le scénario de base pour Spirit est de se placer sous le “chapitre 11” [de la loi sur les faillittes, qui permet à une entreprise de se restructurer] le plus tôt possible pour préserver son capital. » « Nous ne sommes pas convaincus qu’une compagnie aérienne avec un flux de trésorerie disponible limité (aucun pour l’instant) et des pertes continues sera capable de se restructurer avec succès », ajoute-t-elle. ​

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