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Avant l’heure, ce n’est pas l’heure. Lors de sa conférence de presse, jeudi 25 janvier, Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), l’a répété plusieurs fois : le conseil des gouverneurs, réuni un peu plus tôt, estime qu’il est « prématuré » de débattre de la baisse des taux. De quoi décevoir ceux qui, parmi les investisseurs, espéraient que l’institution donne quelques indices sur son calendrier à venir. D’autant que la semaine du 15 janvier, lors du Forum économique mondial de Davos (Suisse), Mme Lagarde avait laissé entendre qu’une baisse des taux à l’été était « probable »…

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Face aux questions pressantes relatives à ce sujet, la Française a insisté sur le fait que la BCE était « data dependent ». Comprendre : elle se fiera uniquement aux données, réunion après réunion, pour décider de revoir ou non le niveau de ces taux. A commencer par les indicateurs permettant d’évaluer l’inflation. Mais aussi, et surtout, ceux concernant le marché du travail, comme le résultat des négociations salariales de branche en Allemagne et en Italie au cours du premier trimestre, ou encore le taux de chômage, qui reste bas (6,4 % en novembre 2023 dans la zone euro).

Si les salaires sont au cœur de ses préoccupations, c’est qu’ils sont déterminants dans la dynamique de l’inflation dite « domestique », à savoir celle qui ne dépend pas des prix de produits importés, comme l’énergie. Or, en décembre, l’inflation hors énergie s’élevait encore à 4 %, loin de la cible de 2 % de la BCE. En prenant en compte les tarifs de l’électricité et de l’essence, elle était de 2,9 %. Voilà pourquoi, jeudi, l’institut monétaire a maintenu son taux de dépôt, déterminant pour le coût du crédit aux ménages et aux entreprises, à 4 %.

Le niveau des faillites remonte

« Le plus probable est que la BCE décide de le baisser au deuxième trimestre, car même si elle attend des données confirmant que la progression des salaires ralentit, les perspectives économiques se sont par ailleurs dégradées », explique Jack Allen-Reynolds, chez Capital Economics.

Outre les tensions géopolitiques pesant sur le moral des ménages et des entreprises et l’inflation qui grève la consommation, les effets de la hausse des taux continuent de se diffuser à l’ensemble de l’économie. La demande de nouveaux crédits en zone euro a plongé, se rapprochant des niveaux de 2009. Nombre d’entreprises peinent à se refinancer. Le niveau des faillites remonte. « Les moteurs de la croissance européenne sont au point mort », résument les économistes d’Oxford Economics, citant notamment les faiblesses dans l’industrie.

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