Histoires Web vendredi, février 13
Kirill Dmitriev, l’homme lige de Vladimir Poutine au cœur du plan Trump pour l’Ukraine

Le messager du président russe Vladimir Poutine auprès de l’administration américaine, Kirill Dmitriev, a un don pour les opérations de communication. Coauteur, avec l’émissaire diplomatique de Donald Trump au Moyen-Orient et en Russie, Steve Witkoff, de l’accord en 28 points présenté désormais comme l’architecture du nouveau plan de paix américain pour l’Ukraine, ce financier madré ne manque pas d’audace. C’est lui qui a fait fuiter le texte de l’accord par voie de presse, comme l’a révélé un tweet malencontreux de M. Witkoff, prestement effacé par la suite.

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Opération réussie. En une journée, l’accord rédigé dans le dos de l’Ukraine et de ses alliés européens est devenu le nouveau vade-mecum de Donald Trump pour obtenir la paix en l’Ukraine. « Le document est passé du statut d’hypothèse douteuse à celui d’une réalité qui s’impose à tous », explique Alexandre Baounov dans une analyse publiée le 24 novembre sur le site de Carnegie Politika.

Publié le 20 novembre par le média américain en ligne Axios, le plan a pris une tournure officielle lorsque le secrétaire à l’armée américain, Daniel Driscoll, en visite à Kiev le même jour, l’a remis au président ukrainien, Volodymyr Zelensky, lui enjoignant de le signer dans un délai d’une semaine.

Autant dire que Kirill Dmitriev n’est pas pour rien dans le retournement de l’administration américaine, passée de l’annonce, le 22 octobre, de sanctions drastiques à l’encontre de Rosneft et Lukoïl, les deux plus grosses majors de Russie, à l’adoubement, un mois plus tard, d’un projet de capitulation de l’Ukraine calqué sur les exigences russes et endossé par la Maison Blanche.

Réseau

Qui, sinon lui, pouvait plaider la cause de Vladimir Poutine à Washington ? Il est son homme de confiance, placé depuis 2011 à la direction du Fonds russe pour les investissements étrangers directs (RDIF), une structure décrite par le Trésor américain comme l’une des « caisses noires » du président russe. Né à Kiev, éduqué à Stanford et à la Harvard Business School, le banquier à la bouille ronde se sent comme chez lui aux Etats-Unis, où il a su tisser des liens dans les milieux universitaires, ceux des affaires, de la politique et des médias, et aussi dans l’entourage de Donald Trump, dont il connaît le gendre, Jared Kushner.

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