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L’actrice Judith Godrèche a mis en cause sur France Inter, jeudi 8 février, le comportement à son encontre du réalisateur Jacques Doillon, lorsqu’il la dirigeait et qu’elle était âgée de 15 ans, au lendemain de l’ouverture par la justice d’une enquête contre un autre cinéaste qu’elle accuse, Benoît Jacquot.

Judith Godrèche accuse Jacques Doillon, aujourd’hui âgé de 79 ans, d’abus sexuels à deux reprises à la fin des années 1980. Elle évoque d’abord des faits qui se sont déroulés « dans la maison de Jane [Birkin, alors compagne du cinéaste], dans le bureau de Jacques Doillon ». « Personne ne l’a vu et je n’en ai parlé à personne », précise-t-elle. L’actrice revient ensuite sur le tournage du film La Fille de 15 ans, de Jacques Doillon sorti en 1989, et dans lequel elle joue le rôle principal, aux côtés de Melvil Poupaud et de Jacques Doillon lui-même. A l’époque, Judith Godrèche a 15 ans et le réalisateur une quarantaine d’années. « Sur le tournage, c’était hallucinant », dénonce-t-elle.

Elle explique que Jacques Doillon « a viré l’acteur » pour se mettre à sa place et incarner le personnage de Willy, le père du petit ami de l’héroïne qui tombe petit à petit amoureux d’elle. « Tout d’un coup, il décide qu’il y a une scène d’amour, une scène de sexe entre lui et moi », raconte Judith Godrèche. Elle explique que pour cette scène, « 45 prises » ont été faites. « J’enlève mon pull, je suis torse nu, il me pelote, me roule des pelles », décrit-elle. Elle précise par ailleurs que Jane Birkin [la compagne de Jacques Doillon à l’époque] était présente sur le tournage de cette scène, « une situation extrêmement douloureuse pour elle », selon Judith Godrèche.

Lire l’enquête | Article réservé à nos abonnés Benoît Jacquot, un système de prédation sous couvert de cinéma

Enquête ouverte visant Benoît Jacquot pour viols sur mineure

Les déclarations de Judith Godrèche font suite à une plainte de sa part, déposée mardi 7 février à la brigade de protection des mineurs, pour viols sur mineure contre le réalisateur Benoît Jacquot, qui l’a dirigée et a entretenu pendant plusieurs années une relation avec elle à partir de ses 14 ans. Le parquet de Paris a ouvert une enquête sur ces faits.

Selon les informations du Monde, M. Jacquot, 77 ans et dont le prochain film est attendu, « nie fermement les allégations et accusations ». La comédienne et le cinéaste de vingt-cinq ans son aîné ont débuté leur relation au printemps 1986, alors qu’elle avait tout juste 14 ans et faisait ses premiers pas dans le cinéma. Ils ont vécu ouvertement ensemble, achetant même un appartement dans Paris, jusqu’à leur séparation, en 1992. « L’ensemble des faits dénoncés a eu lieu entre 1986 et 1992 », a confirmé le parquet de Paris.

Après un départ aux Etats-Unis, l’actrice a fait son retour sur les écrans français, à la fin de 2023, et jette une lumière crue sur sa relation avec Benoît Jacquot, que ses parents n’ont à l’époque nullement empêchée, dans une série d’Arte en forme de témoignage, Icon of French Cinéma. Elle n’avait encore jamais mis en cause le réalisateur devant la justice pour ces faits, qui paraissent prescrits.

Dans une dizaine de stories publiées dans la nuit de mardi à mercredi sur Instagram, Mme Godrèche qualifie à plusieurs reprises M. Jacquot de « pervers » qui la « remet inlassablement à la place de l’objet inexistant ». Au début de janvier, dans une autre story, la comédienne de 51 ans disait que « la petite fille en [elle] ne peut plus taire ce nom » et parlait d’« emprise » et, encore, de « perversion ».

Lire l’enquête | Article réservé à nos abonnés « C’est une histoire d’enfant kidnappée » : l’actrice Judith Godrèche porte plainte contre le réalisateur Benoît Jacquot

Le Monde avec AFP

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