
L’agression et la détention récentes d’une équipe de journalistes de CNN par un bataillon de réserve de l’armée israélienne en Cisjordanie occupée valent à ce bataillon d’être suspendu temporairement et de suivre « un processus visant à renforcer ses fondements professionnels et éthiques », a annoncé l’armée, lundi 30 mars, dans un communiqué.
Le 26 mars, des journalistes de la chaîne américaine couvraient les suites d’une attaque de colons et l’installation d’un avant-poste près du village palestinien de Tayasir (Nord-Est), lorsqu’ils ont été pris pour cible par des soldats israéliens, d’après l’Association de la presse étrangère (FPA).
Bien qu’ils se soient « clairement identifiés », selon l’association, les journalistes et des civils palestiniens ont été menacés, les soldats pointant leurs armes et ordonnant l’arrêt du tournage. « Un soldat s’est approché derrière le photoreporter de CNN, l’a saisi à la gorge, l’a projeté au sol et a endommagé son matériel », avait affirmé la FPA.
L’équipe avait ensuite été détenue « pendant environ deux heures » et empêchée « délibérément » de faire son travail, selon l’association, qui dénonce une « attaque » directe à la liberté de la presse.
Soixante journalistes palestiniens détenus depuis le 7-Octobre
Le porte-parole international de l’armée, le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, avait assuré qu’une enquête serait menée, ajoutant que ces actes ne « représentaient pas l’armée israélienne » et allaient « à l’encontre de ce qui est attendu de ses membres ».
« A la lumière des conclusions de l’enquête (…), le déploiement opérationnel actuellement assuré par le bataillon de réserve sera suspendu », a annoncé l’armée, lundi matin. Elle ajoute que « le bataillon restera en service de réserve et suivra un processus visant à renforcer ses fondements professionnels et éthiques », avant de reprendre ses activités opérationnelles « à l’issue de ce processus, sous réserve de la décision du commandant du Commandement central ».
Les journalistes en Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967, ont, à de nombreuses reprises, été détenus, harcelés ou battus, avec une nette augmentation de ces faits depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza, selon des organisations de défense des droits humains.
D’après le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), au moins 60 journalistes palestiniens ont été détenus ou emprisonnés par les forces israéliennes depuis le 7 octobre 2023. Bien que les étrangers soient moins exposés, des soldats présents aux points de contrôle ou sur des lieux de reportage pointent fréquemment leurs armes en direction de journalistes.
Selon le recensement des journalistes emprisonnés publié par le CPJ en 2025, « Israël figure parmi les principaux pays emprisonnant des journalistes depuis 2023 ».




