
Le président italien, Sergio Mattarella, a officiellement lancé les Jeux paralympiques de Milan-Cortina (6 au 15 mars), vendredi 6 mars soir à Vérone, dans un contexte politique tendu.
Quatre membres de la délégation russe, réunis derrière leur drapeau – et non sous bannière neutre –, ont pris part à la parade des athlètes un peu avant 21 heures dans les arènes de Vérone, marquant le retour symbolique du pays dans une grande compétition internationale pour la première fois depuis l’invasion russe en Ukraine en 2022. Ce retour a été accueilli par des huées de la part d’une partie des spectateurs. En revanche, la délégation ukrainienne, apparue quelques secondes plus tard, a été chaudement applaudie.
Plusieurs comités paralympiques nationaux avaient fait le choix de ne pas assister en conséquence à la cérémonie d’ouverture (Ukraine, République tchèque, Pologne, Estonie, Lettonie, Lituanie et Finlande). Certains représentants politiques ont fait le même choix, dont la ministre des sports française, Marina Ferrari, et le gouvernement britannique, afin de protester contre la présence de ces dix sportifs russes et bélarusses bénéficiaires d’une invitation de l’IPC, le Comité international paralympique.
D’autres ont soit renoncé pour raisons politiques soit par choix sportif, les sites de compétition étant particulièrement éloignés. C’est le cas notamment, selon l’IPC, de la France, de la Grande-Bretagne, du Canada ou de l’Allemagne. Leurs athlètes sont ainsi apparus dans des vidéos diffusées lors de la parade.
La cérémonie a débuté par un spectacle sons et lumières sur le thème de « la vie en mouvement », animé notamment par le batteur du groupe britannique The Police, Stewart Copeland, sous les yeux de la première ministre, Giorgia Meloni, et du président italien, Sergio Mattarella, qui a déclaré « les Jeux paralympiques de Milan-Cortina ouverts » sous les vivats vers 21 h 20.
Absence du seul para-athlète iranien engagé
Quelques heures plus tôt, la journée avait été marquée par l’annonce de l’absence du seul para-athlète iranien engagé. Aboulfazl Khatibi Mianaei, 23 ans, présent à Pyeongchang 2018 et Pékin 2022, devait disputer deux épreuves de para ski de fond. Mais dans l’impossibilité de rejoindre l’Italie « en toute sécurité » en raison de la guerre au Moyen-Orient, il a dû renoncer. « C’est vraiment décevant pour le sport mondial et surtout pour Aboulfazl Khatibi Mianaei », a regretté Andrew Parsons, le président de l’IPC, dans un communiqué.
Lors de la cérémonie, son discours a été empreint d’une tonalité assez sombre. « Il y a quatre ans, j’avais dit que j’étais horrifié par ce qu’il se passait dans le monde, malheureusement la situation ne s’est pas améliorée », a-t-il déclaré. « Dans un monde où certains pays sont davantage connus pour le nom de leurs dirigeants, je préfère les connaître par ceux de leurs athlètes. Le sport offre au monde une autre perspective. Les Jeux paralympiques offrent quelque chose de différent. Ici les différences ne sont pas des motifs de séparation, mais des sources de force », a-t-il ajouté.
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Illustrant ce propos, un tableau teinté de poésie a vu des figurants invalides et valides affronter sur scène trois gros blocs, symbolisant l’inaccessibilité d’un monde en guerre. Ensemble, par le jeu et les acrobaties, ils les ont fait exploser.
En dépit du contexte pesant, le monde sportif espère pouvoir reprendre un peu ses droits durant ces Jeux paralympiques qui se tiendront jusqu’au 15 mars. Au total, près de 600 athlètes de 55 nations participeront aux 79 épreuves à médailles, lors des quelque dix jours de compétition étalés entre Milan (para hockey), Cortina (para ski alpin, snowboard, curling fauteuil) et le Val di Fiemme (para ski de fond et biathlon).




