L’écrivain Jean-Pierre Faye, né le 19 juillet 1925 à Paris, est mort le 26 mars à Toulouse, à l’âge de 100 ans, a annoncé sa famille au Monde. Avec lui disparaît une figure éminente de la vie littéraire et intellectuelle française de la seconde moitié du XXe siècle. Silhouette singulière, difficile à situer, car Jean-Pierre Faye s’est délibérément placé au carrefour de disciplines multiples et de genres littéraires divers. Philosophe de formation puis de profession, il fut en même temps poète, romancier, dramaturge. Il se fit aussi historien, linguiste, théoricien de la narration et de ses métamorphoses, n’acceptant jamais d’être enfermé dans une expertise close. Par ses engagements successifs, ses querelles, ruptures et polémiques, ce créateur polyphonique a souvent défié la chronique parisienne. Il demeure l’auteur d’une œuvre considérable, qui compte plus de 70 volumes.
Il semble que cette multiplicité de talents et de centres d’intérêt lui ait été naturelle. Après l’exode face à l’armée allemande et une jeunesse cachée à Hendaye (Pyrénées-Atlantiques), où il vit à l’affût des bruits du monde et des mots qui font l’histoire, il publie, à 20 ans, ses premiers poèmes. Dans l’immédiat après-guerre, revenu à Paris, il décroche une licence de droit et de sciences économiques et une licence de philosophie, puis un diplôme de philosophie sous la direction de Gaston Bachelard, avant de passer une année au Musée de l’homme, en suivant les cours d’anthropologie de Claude Lévi-Strauss.
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