
« C’était mon premier voyage en avion, ma première fois en dehors du Maroc. J’avais 30 ans, et ma sœur, qui est hôtesse de l’air pour une compagnie saoudienne, m’a accompagnée à l’aéroport, pour que je ne sois pas trop stressée. Je m’en souviens comme si c’était hier, de ce 22 décembre 2002. Je portais un pantalon noir, un pull rouge, une écharpe rouge, des bottines rouges – c’est ma couleur préférée – et un manteau long et noir en simili cuir. J’étais jeune, j’étais libre. Mais je n’étais pas heureuse de quitter mon pays. Quand j’ai dit au revoir à ma grand-mère, je savais que le Maroc, c’était fini, que je ne reviendrais que pour les vacances. Au début, ça me rendait triste. Je suis née et j’ai grandi dans la banlieue de Casablanca. Ma grand-mère, Mariame, nous a élevés, moi et mes quatre frères et sœurs, parce que sa fille unique, ma mère, travaillait.
Je n’ai jamais rêvé d’abandonner mon pays. Les choses sont venues comme ça, ce n’est pas moi qui ai décidé, c’est ma sœur et ma mère.
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