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Qui ne pourrait souscrire à la définition que le ministère de l’éducation nationale donne de l’école inclusive ? Elle « vise à assurer une scolarisation de qualité pour tous les élèves, de la maternelle au lycée, par la prise en compte de leurs besoins partagés pour apprendre et des besoins plus spécifiques de certains d’entre eux ». Mais qu’en est-il justement des « besoins spécifiques » qui nécessitent un suivi personnalisé en plus du travail en classe ? Car, si l’inclusion est un projet essentiel, inclure ne peut signifier abolir miraculeusement les difficultés singulières de chacun et chacune.
Il y a, chacun en convient, des élèves qui ont besoin d’une aide personnelle. Il existe, bien sûr, des AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap), mais ils sont aujourd’hui trop peu nombreux, scandaleusement sous-payés et particulièrement peu formés. En réalité, ce dispositif ne pourra raisonnablement pas répondre à tous les besoins d’aide. En effet, beaucoup d’élèves ne sont pas à proprement parler en situation de handicap, mais ont néanmoins besoin d’être aidés, et même accompagnés par un suivi personnalisé et spécialisé.
Jusqu’à présent, les enfants rencontrant des difficultés pédagogiques ou relationnelles à l’école peuvent bénéficier d’une aide ajustée dans le cadre des réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased). Ils bénéficient d’une aide qui peut impliquer les enseignants spécialisés à dominante relationnelle, mais aussi les psychologues de l’éducation nationale ainsi que les enseignants spécialisés à dominante pédagogique.
Les élèves faisant face à des problématiques d’ordre comportemental (attention, engagement dans les apprentissages, compréhension des attendus de l’école, mésestime de soi, découragement, traumatisme, stigmatisation…) relèvent de la mission de l’enseignant spécialisé à dominante relationnelle (ES-ADR). En petits groupes ou individuellement, en prévention ou en remédiation, ils peuvent bénéficier d’un accompagnement, généralement en dehors de l’espace-classe. Ces séances ont pour objectif de permettre aux enfants de dépasser leurs difficultés grâce à une « stratégie du détour », par le jeu ou différents médias qui n’abordent pas frontalement les problèmes, sources de douleurs trop vives. Ces actions se font au sein de l’école en collaboration et en complémentarité avec les enseignants de classe et les parents.
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