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Incendie de Crans-Montana : ouverture d’une instruction pénale contre les gérants français du bar Le Constellation

Les autorités suisses ont annoncé samedi 3 janvier l’ouverture d’une instruction pénale contre les deux gérants français du bar ravagé la nuit du Nouvel An par un incendie dans la station de ski de Crans-Montana, ayant fait 40 morts et 119 blessés.

Ils sont « prévenus d’homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence », ont fait savoir la police et le bureau de la procureure générale du canton du Valais, dans un communiqué, qui ne mentionne pas de détention provisoire et rappelle que « la présomption d’innocence s’applique jusqu’à ce qu’une condamnation définitive soit prononcée ».

Les deux propriétaires, qui ont repris Le Constellation il y a dix ans, ont déjà été entendus « à titre de personnes appelées à donner des renseignements », avait annoncé vendredi la procureure générale du canton du Valais, Béatrice Pilloud, précisant que la suite de l’enquête devait porter « sur les travaux effectués au sein du bar, les matériaux qui sont utilisés, les autorisations d’exploiter, les mesures de sécurité ».

Brièvement interrogé par la presse helvétique, le couple a dit que leur établissement avait été inspecté « trois fois en dix ans », et que tout était aux normes. Interpellé samedi par quelques journalistes devant son domicile de la commune voisine de Lens, le propriétaire du bar, Jacques Moretti, a lancé : « Laissez-nous tranquilles, nous aussi nous sommes en deuil. »

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Bougies scintillantes au cœur de l’enquête

Selon les premiers éléments de l’enquête, « tout laisse à penser que le feu est parti des bougies incandescentes ou des feux de Bengale qui ont été mis sur les bouteilles de champagne », selon la procureur.

Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre le début de l’embrasement du plafond. A côté, de jeunes adolescents filment la scène, semble-t-il inconscients du danger. Sur d’autres vidéos, on voit ensuite des jeunes qui tentent désespérément de sortir du bar, d’une capacité maximale de 300 personnes. Des témoins ont décrit des scènes d’horreur : des gens ont tenté de briser les vitres du bar pour s’échapper, tandis que d’autres, couverts de brûlures, se précipitaient dans la rue.

Le visionnage de nombreuses vidéos par les enquêteurs tend à accréditer les affirmations de nombreux témoins sur ces dispositifs crachant des étincelles. Ces témoins ont également mentionné la présence de mousse sur le plafond du sous-sol, un isolant phonique, qui pourrait expliquer l’« embrasement généralisé » mentionné par les autorités.

La suite de l’enquête « portera notamment sur les travaux effectués au sein du bar, les matériaux qui sont utilisés, les autorisations d’exploiter, les mesures de sécurité », a détaillé la procureure.

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Le Monde avec AFP

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