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L’immigration a continué de progresser sensiblement en France en 2023, portée notamment par les arrivées d’étudiants, de réfugiés et de salariés sur le territoire. Selon les estimations annuelles rendues publiques par le ministère de l’intérieur jeudi 25 janvier, plus de 320 000 premiers titres de séjour ont été délivrés à des étrangers non européens, ce qui représente une hausse de 1,4 % sur un an.

« C’est un niveau record. Nous sommes dans un monde où les mobilités ont repris », a commenté lors d’une conférence de presse Eric Jalon, le directeur de l’administration centrale chargé des étrangers en France. Il a également estimé que l’année écoulée « confirme le changement dans la structure des migrations légales ». Des chiffres parus le jour de la censure partielle de la loi « immigration » par le Conseil constitutionnel.

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Avec plus de 100 000 titres délivrés à des étudiants, ceux-ci représentent le premier flux migratoire légal, devançant l’immigration familiale pour la deuxième année d’affilée, qui a concerné 91 000 premiers titres, en recul de 5 % sur un an. L’immigration économique a motivé, elle, plus de 54 000 délivrances, soit une hausse de 5 % sur un an. Elle dépasse pour la deuxième année l’immigration pour motif humanitaire, pourtant en hausse de 15 % avec près de 48 000 titres, principalement à des réfugiés.

« C’est la volonté du président de la République de favoriser l’immigration économique (…) et de limiter l’immigration familiale », s’est félicité dans une vidéo mise en ligne jeudi sur les réseaux sociaux le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin. Les premiers détenteurs de ces titres de séjour sont les Marocains (36 240), les Algériens (32 180) et les Tunisiens (22 400). La Chine arrive en quatrième position devant les Etats-Unis.

Augmentation de la demande d’asile

« Il n’y a pas de surprise, commente Jean-Christophe Dumont, chef des migrations internationales à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Ce sont des chiffres importants, notamment pour l’immigration de travail, dont l’augmentation est à la fois le résultat des changements de procédures opérés en 2021 [pour faciliter les démarches et simplifier les critères permettant d’introduire de la main-d’œuvre étrangère en France], et le fait d’étudiants qui sont encouragés à basculer sur des titres de séjour économiques lorsque des emplois correspondent à leurs compétences. Ils peuvent même créer des start-up. »

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L’augmentation du nombre de titres humanitaires est, lui, l’écho logique d’une augmentation de la demande d’asile. « On pourrait atteindre un million de demandes en Europe cette année », a rappelé Eric Jalon, soulignant que l’Allemagne avait enregistré plus de 350 000 demandes, contre 145 000 pour la France. Selon le ministère de l’intérieur, près de 45 % des demandeurs d’asile ont obtenu une protection de la France. « Ce n’est pas arrivé depuis les années 1980, souligne Gérard Sadik, de la Cimade. Cela démontre qu’il n’y a pas de détournement de la procédure de l’asile. »

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