Dans l’abri municipal de Ramat Gan, protégé par d’épais murs en béton et des portes blindées, au cœur de cette banlieue privilégiée de Tel-Aviv, Béatrice Abramovitch, 59 ans, et Olga Nala, 42 ans, sont confinées depuis trois semaines. Elles ne se connaissaient pas avant le déclenchement de la guerre contre l’Iran, le 28 février. Faute de disposer d’un abri proche de leur domicile, elles ont eu le même réflexe dès la première alerte : prendre un petit sac, un duvet et un matelas léger, et venir s’installer avec leurs chiens dans le sous-sol sans lumière naturelle, mais avec le Wi-Fi et des toilettes.

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« On est fatiguées. Mais ce que je veux dire c’est qu’il faut continuer jusqu’au bout. Jusqu’à la chute du régime, même si le prix à payer est élevé. Il faut finir le travail, sinon il faudra recommencer encore et encore », dit Béatrice Abramovitch, éducatrice spécialisée pour des enfants autistes. « Il faut aller jusqu’au bout, et tout détruire si besoin, même au Liban », ajoute Olga Nala, employée dans la tech, son ordinateur posé sur une table de camping. « Ce que nous vivons est pénible, c’est pourtant sans comparaison avec ce que supportent les Ukrainiens depuis quatre ans. On doit continuer. Sinon, on va replonger dans ces guerres qui reviennent sans cesse et ces accords qui ne servent à rien », affirme-t-elle.

Depuis trois semaines, les Israéliens sont retournés dans la « routine de l’urgence », celle qui conduit des millions d’habitants, jour et nuit, à courir dans les abris après que les alertes ont fait sonner les téléphones portables puis les sirènes – 825 personnes se sont blessées en se précipitant dans les cages d’escalier et les sous-sols. A la différence des pays attaqués par l’Etat hébreu où les dégâts sont considérables, les missiles iraniens, détruits en vol pour 90 % d’entre eux, explosent rarement au sol.

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